Le pire, c’est qu’on s’habitue.

Je le pensais, ce matin, en me souvenant qu’hier, ici même, je m’amusais des petits avantages et gros inconvénients d’accumuler les ans aux ans, sans évoquer l’attentat qui aurait pu endeuiller une fois de plus la capitale. Alors, bien sûr, il a raté, cet attentat et le seul mort à ne pas déplorer est le kamikaze himself, tué par un militaire auquel il s’attaquait. Mais tout de même, on a risqué gros ! On sait en effet désormais que l’homme a traversé une bonne partie de la ville en métro et que l’instabilité du produit utilisé aurait pu le faire sauter à n’importe quel moment de son périple. Alors, pourquoi presqu’aucune réaction sur les réseaux sociaux ? Aucun drapeau belge ou européen ? Aucun Tintin, aucun Mannekenpis pour une fois soulagé (c’est le cas de le dire !) ? Aucun « Je suis Bruxelles » ?

On s’habitue, je l’ai dit. Juste avant, il y a eu Manchester et Londres et Paris. Plusieurs fois. Nous sommes entrés dans l’ère de la routine. C’est terrifiant et, en même temps, peut-être salutaire. On a intégré la menace et on continue à vivre, presque comme avant, avec juste, de temps à autre, dans les lieux bondés, une pointe d’appréhension et puis, tout de suite après, ce fatalisme, ce comportement un rien provoc’ qui nous fait y aller quand même dans les gares, dans le métro, à l’aéroport ou dans les festivals d’été. Parce qu’il faut bien continuer à vivre. Sinon, ils auraient gagné, non ?

Avec son coup de marqueur toujours aussi drôle, efficace et cruel (cynique, quoi !), Pierre Kroll l’exprimait très bien ce matin dans « Le Soir ».

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