Journal d'une mamy-boomer

19 juin 2018

Le "Cahier du soir" de Lorraine désormais aussi en recueil

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Bientôt cinq mois que Maman nous a quittés. A mes enfants et moi, elle manque tous les jours, c'est une banalité de le dire mais c'est la vérité. Donc je ne vais pas chercher quelque tournure littéraire qui exprimerait joliment le vide qu'elle a creusé en nous un an presque jour pour jour après celui laissé par la mort de mon mari. Je le dis tout cru : elle nous manque, ils nous manquent tous les deux. Et là n'est pas le propos de ce billet.

Pour de nombreux lecteurs de son blog "Le cahier du soir", Maman était Lorraine. Lorraine, la vieille dame poète qui parlait au coeur de ses lecteurs. Lorraine-la-romanesque, qui avait beaucoup rêvé au temps de l'enfance puis de l'adolescence et s'en souvenait avec les mots de son époque, riches, beaux, parfois un peu désuets mais porteurs de sens puisqu'ils ressuscitaient l'âme des jeunes filles en fleurs. Lorraine-la-virtuose, qui jouait avec brio toute la gamme des sentiments et leurs nuances les plus subtiles. Lorraine-l'émerveillée, que la vieillesse ne trouvait pas blasée mais au contraire toujours avide des plaisirs de la vie, des beautés de la nature, des richesses des rencontres et des échanges. Lorraine-la-gaie aussi (ah, les perles de son rire !), qui savait s'amuser d'un bon mot, d'une situation insolite, d'un souvenir cocasse, d'un présent plaisant  Lorraine-l'amoureuse, enfin (surtout ?), qui savait comme personne exprimer la nostalgie non tant de sa jeunesse que de la passion pour le beau ténébreux trop tôt disparu qui l'avait séduite cinquante ans auparavant. 

En s'envolant en ce froid matin de février pour le pays des poètes, Lorraine a laissé ses lecteurs orphelins de la musique de ses mots. Ceux-ci ont exprimé leur admiration et leur peine sur son blog ou me les ont dits ici-même. Or, à la suggestion de plusieurs d'entre eux, elle caressait depuis longtemps le projet de voir certains poèmes réunis en recueil. Ne sachant comment faire, c'est l'amie Quichottine, qui, fin 2016, s'est chargée de la réalisation pratique de ce projet, tandis que j'y joignais quelques-unes de nos photos de famille pour illustrer une première édition réservée à nos proches et amis. Elle était hospitalisée quand j'ai pu le lui offrir et ce fut pour elle une merveilleuse surprise. Plus tard, cependant, alors qu'elle reprenait quelque force, elle a souhaité que ce recueil puisse être mis à la disposition des lecteurs de son "Cahier du soir". Quichottine et moi avons donc remis notre ouvrage sur le métier afin d'en proposer une version illustrée de photos moins personnelles mais tout aussi signifiantes. Cette seconde édition, Lorraine n'aura pas eu la joie de la feuilleter mais je lui avais promis de la finaliser et, de là où elle est, je sais qu'elle nous a accompagnées à chaque étape de la remise en forme du recueil.

Aujourd'hui, "Le cahier du soir" est accessible à chacun en version papier (152 pages). Vous pouvez vous le procurer*  sur le site des éditions "The BookEdition" dans la collection des "Anthologies Ephémères" initiée par Quichottine et dont tous les bénéfices sont reversés à l'association "Rêves" qui réalise les voeux d'enfants gravement malades. Ainsi, en retrouvant la plume élégante de Lorraine, vous aiderez des fillettes, des jeunes garçons, malmenés dans leur corps et dans leur coeur, à s'évader pour quelques heures d'un quotidien ô combien difficile. Lorraine adorait les enfants, admirait leur spontanéité et leur force de vie. Elle aussi a connu la maladie et l'avenir qui s'assombrit. Elle aurait aimé savoir qu'au-delà de l'émotion littéraire, ses vers, joyeux ou nostalgiques, servent aussi à mettre un peu de baume au coeur de petits patients courageux que la réalisation de leur rêve peut aider à lutter contre la maladie. 

Bonne lecture !

* 12 € + fais de port

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30 mai 2018

Ce monde est fou

Aujourd'hui, presque simultanément, se déroulaient à Liège et à Bruxelles deux cérémonies d'hommage à des personnes récemment assassinées.

A Bruxelles, une marche blanche a accompagné les funérailles de la petite Mawda, deux ans, tuée il y a une dizaine de jours par un policier qui tentait d'arrêter la camionnette du passeur dans lequel elle se trouvait avec ses parents, son frère et une dizaine d'autres migrants en situation irrégulière. A Liège, les pensées d'une foule impressionnante allaient à un étudiant et deux mamans, tués hier dans un attentat terroriste perpétré par un délinquant lambda radicalisé en prison. L'ironie du sort veut que ces deux mamans  étaient policières elles aussi et tuées pour cela précisément. 

Pas facile d'être policier.ère aujourd'hui ! Tantôt bras armé d'un gouvernement qui traque les illégaux en quête d'une vie meilleure, tantôt victimes de leur statut, les membres des forces de l'ordre peinent pour l'heure à définir leur rôle, tiraillés qu'ils sont entre leurs responsabilités professionnelles et leur sentiments d'êtres humains. Je pense que, plus que d'autres encore, ils doivent comme moi se dire : "Ce monde est fou". Car comment qualifier autrement un monde qui tue des enfants, des mamans et des jeunes gens juste parce qu'ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment ?

Cyril allait être instituteur, il apportait son travail de fin d'études à sa haute école, à deux pas d'une autre école, primaire et secondaire celle-là, où une femme de ménage a été prise en otage par le terroriste qui ne semble l'avoir épargnée que parce qu'elle est musulmane et lui assura respecter le ramadan. S'il n'avait été abattu par les forces spéciales d'intervention, ce terroriste s'en serait-il pris aux écoliers ? Les enfants sont l'avenir d'une société, la police est chargée de protéger la population, l'instituteur de former des citoyens responsables. Attenter à leurs vies, c'est tenter d'ébranler le fondement même de la démocratie et de notre humanité.

Ce monde est fou.

Dans le même temps ou presque, à Paris, un jeune Malien en séjour illégal a escaladé au péril de sa propre vie les cinq étages d'un immeuble pour sauver un enfant suspendu au balcon.

Ce monde est fou. Mais il peut parfois être beau. 

(Pardon si ce texte peut sembler décousu. Par son chaos même, il reflète fidèlement les sentiments suscités par les événements de ces dernières semaines).

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29 mai 2018

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J'étais à Paris l'autre jour pour un projet qui me tient à coeur et sur lequel je reviendrai bientôt. Or, mon fils, qui me servait de chauffeur, m'avait offert pour la fête des mères une soirée au Théâtre Antoine où nous avons applaudi Charles Berling, Alain Fromager et Jean-Pierre Daroussin dans le célèbre et désormais classique "Art" de Yasmina Reza.

Hier soir, Jean-Pierre Daroussin a reçu pour son rôle dans "Art" le Molière du comédien dans un spectacle privé. Un Molière que je pense amplement mérité.

Bien sûr, je n'ai pas vu les autres spectacles et j'ignore donc s'il surpassait réellement les autres candidats en lice, mais je sais que dans "Art" en tout cas, il était excellentissime et surpassait, de loin me semble-t-il, ses deux comparses. Peut-être parce que le rôle d'Yvan exigeait nettement plus de nuances que celui des deux autres ? Encore fallait-il être à la hauteur de ces nuances et, sur ce plan, nul ne contestera qu'il l'était - et ô combien - en particulier dans le long monologue où ce doux, ce timide, toujours prêt à éviter le conflit en ménageant la chèvre et le chou, explose soudain face à ses deux copains dressés sur leurs ergots pour un tableau entièrement blanc que Serge, toujours un peu snob, vient d'acquérir et que Marc déteste. Un grand moment de théâtre.

Bien sûr, aussi, on pourrait dire que Jean-Pierre Daroussin joue toujours la même partition : celle du type ordinaire, sans ambition, un peu dépassé par les événements mais, au fond, d'une grande sagesse. On l'a lui a vue jouer au cinéma dans "Le coeur des hommes" et dans "Conversation avec mon jardinier", on l'a appréciée à la télé dans la série "Le bureau des légendes". Ce matin "Le Monde" rappelait qu'en 1979, le critique dramatique Michel Cournot écrivait dans ses pages : « Dans la classe de Marcel Bluwal s’est distingué un comédien extraordinaire, appelé sans doute à un grand avenir, Jean-Pierre Darroussin. Acteur presque impassible, au visage chaotique, qui, restant sur un quant-à-soi presque ténébreux, déclenche des explosions incroyables de comique pur, très beau, mais détermine aussi bien une émotion violente dans les moments de drame. Acteur puissant et pudique, déjà d’une maîtrise totale. » En voilà un, en tout cas, qui ne s'était pas laissé prendre à l'allure anodine et à l'air de ne pas y toucher du comédien de 64 ans aujourd'hui. Car chaque rôle, quand bien même les personnages se ressemblent, exige sa dose de création dans l'intériorité et le décalage toujours un peu burlesque avec la réalité. Or, ce talent n'est pas donné à tout le monde.

Bref, nous avions passé une excellente soirée et, hier soir, je me suis réjouie de ce Molière. Le premier.

28 mai 2018

C'est un jardin extraordinaire... (air connu)

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Ma pelouse n'est pas un gazon anglais. On peut même dire qu'elle est parfaitement échevelée voire un peu folle, qu'elle ressemble de moins en moins à une pelouse depuis que les graminées des prairies voisines ont pris la clé des champs et que les fleurs de ces mêmes champs y ont installé leurs pénates. On va dire qu'elle n'est pas très orthodoxe mais qu'elle est belle quand même dans ses atours de sauvageonne. En fait, vous savez quoi (belgicisme) : moi, je l'aime bien cette pelouse ! Je trouve qu'elle cohabite harmonieusement avec les prés et le jardin alentour, lui aussi un rien foufou. Alors, bien sûr, ce n'est pas encore le jardin de mes rêves (il est trop jeune), mais il le deviendra un jour. J'espère juste que je serai encore là pour l'admirer dans la force et la beauté de son âge.

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09 mai 2018

Un peu de ciel bleu sur l'aile d'un oiseau

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Cette phrase est sans doute la toute dernière qu'aura écrite Maman. Je l'ai trouvée en rangeant ses papiers hier et je l'ai reçue comme un signe qu'elle me ferait depuis l'au-delà.

"Un peu de ciel bleu sur l'aile d'un oiseau". C'est sans doute le début ou la fin d'un poème, une émotion en tout cas qu'elle aurait dévelopée si elle en avait encore eu la force. Nous ne saurons pas ce qu'elle aurait si joliment tissé autour de cette aile "encielée", mais dans son unicité, sa simplicité même, sa poésie, cette phrase me dit son émerveillement encore et toujours face au miracle de la vie. Elle me dit de continuer moi aussi encore et toujours à m'émerveiller. De continuer à croire en la beauté, de continuer à aimer la vie malgré les coups bas qu'elle peut nous réserver. Elle me dit que, jusqu'au bout, elle a été sensible à ce qui en fait le sel, elle me dit qu'en ce matin de février elle est partie en paix sur cette aile qui l'emmenait. Vers où ? 

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08 mai 2018

Enfin !

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Nous en riions volontiers. Le jardinier, qui au début de notre installation nous aida à choisir les plantes qui peupleraient notre jardin, avait ingénuement argumenté "à votre âge, si vous voulez en profiter vraiment, il faut choisir des sujets déja grands". Nous le trouvions plus naïf qu'impertinent de souligner ainsi notre avancée vers la vieillesse et nous nous étions laissés convaincre par quelques "grands sujets" en plus des jeunes pousses récupérées dans notre jardin précédent ou lors des distributions gratuites des "journées de l'arbre". Or, il se fait qu'il n'avait pas tort, le jeune bougre. Trois ans plus tard, notre jardin prend forme mais tu n'es plus là pour en savourer tous les coloris, toutes les nuances, tous les parfums.

Les glycines, en particulier, te tenaient à coeur. Nous avions le souvenir de déjeuners sous la tonnelle d'un restaurant proche où les grappes odorantes formaient une voûte en délicieuse harmonie avec les plats et l'amitié que nous y partagions. Tu n'auras pas vu fleurir les glycines. La première année, elles étaient trop jeunes, trop occupées à lancer leurs lianes à l'assaut de la structure métallique. L'an dernier, déjà, tu n'étais plus là et, de toute façon, saisies précocement par un gel tardif, les fleurs s'étiolèrent avant même d'être écloses.

Ce printemps, enfin, les voilà, charnues, nombreuses, somptueuses. Et leur beauté me fend le coeur.

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17 avril 2018

Merveilles du Louvre-Lens

Bon, vous vous en doutez, même si leur beauté m'a touchée, je n'étais pas à Lens pour admirer les bouleaux. En même temps, je ne pensais pas une fois de plus (la troisième !) évoquer ici les merveilles du Louvre-Lens, (re)découvertes sur la route du retour depuis la Dordogne. Mais on ne se refait pas et le fait que, pour le cinquième anniversaire du musée, près de la moitié des pièces ont été changées, m'incite à vous offrir quelques clichés de cette nouvelle plongée dans la Galerie du Temps. Une plongée un peu particulière pour moi puisque, cette fois, Papyloup n'était pas de la partie, mais Petit Loup et son papa bien.

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15 avril 2018

Pour le plaisir

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Les bouleaux sont les premiers arbres à avoir colonisé les terrils quand l'exploitation des mines s'arrêta. Sur l'ancien site minier de Lens, ils disent jolimment dans le printemps frémissant que la nature toujours reprend ses droits quand bien même l'homme la maltraite par intérêt ou par méconnaissance ou par négligence. Et je leur trouve une élégance rare.  

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09 avril 2018

Aux origines de l'art

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Je l'avais vue il y a longtemps. Quand je dis "elle", je veux dire sa réplique car, déjà à l'époque, la grotte de Lascaux était fermée aux visiteurs ordinaires, réservée qu'elle était depuis 1963 aux seuls scientifiques et rares privilégiés, hôtes de marque, autochtones tirés au sort, étudiants motivés... Mon mari avait été de ces VIP lors d'un voyage de presse dans les années 80. Un peu plus tard, en famille, nous avions dû nous contenter de "Lascaux II", reproduction partielle à l'identique et, déjà, cela avait été l'émerveillement face à ces représentations de chevaux, d'aurochs, de rennes et de cerfs, surgies du fond des âges (vingt mille ans, quand même !) dans tout l'éclat de leur couleurs d'origine.

Mais voilà que récemment, fin 2016 pour être précise, Lascaux IV a ouvert ses portes. Lascaux III, elle, se balade à travers le monde. La belle idée ! Lascaux IV, donc, c'est désormais le Centre international de l'art pariétal. Une dénomination quelque peu pompeuse qui a cependant le mérite de mettre d'emblée en avant le fait que, si nous allons découvrir des traces de nos lointains ancêtres Cro-Magnons, c'est surtout de l'art qui nous est proposé. Un art primitif peut-être (encore que...) mais de l'art, dans toute l'acception du terme, avec un trait parfaitement maîtrisé et une harmonie de tons qui n'ont pas fini d'éblouir nos contemporains alors même que ne sont utilisés que l'ocre jaune, l'ocre rouge et le noir.   

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Pourquoi ces premiers homo sapiens ont-ils éprouvé le besoin de couvrir les murs de grottes dans lesquelles ils ne vivaient pas de représentations d'animaux qui n'étaient pas nécessairement les plus courants en cette période glaciaire, on l'ignore encore. Même si l'hypothèse du lieu de culte d'une religion primitive semble faire son chemin. On y trouve beaucoup de signes divers aussi : ébauche d'écriture ou signes de reconnaissance à la manière d'une signature clanique ? Là aussi les études se poursuivent. Quoi qu'il en soit, nimbée de mystère, la grotte de Lascaux continue de fasciner même le visiteur lambda, même les enfants et ce, d'autant plus, que sa réplique cette fois totale s'intègre dans un dispositif architectural et muséal tout à fait exceptionnel. 

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Lascaux IV, c'est, en effet, d'abord un bâtiment-paysage d'une grande modernité mais s'intégrant parfaitement dans cet environnement si caractéristique de la vallée de la Vézère. C'est surtout, une approche contemporaine du rôle d'un musée usant avec brio des ressources les plus sophistiquées des nouvelles technologies pour multiplier les approches, tantôt didactiques tantôt ludiques ou expérimentales. Aux explications initiales du guide, viennent, en effet, s'ajouter les informations multiples et multiformes des projections et maquettes, des tablettes numériques, des écrans tactiles, de la 3 D... Quel que soit son âge, le visiteur devient réellement acteur de sa découverte, mêlant intelligence et sensibilité, apprentissage et émotion. Comment, en effet, ne pas être touché, y compris par l'art contemporain lorsqu'il s'empare de thèmes ou techniques proches de ces tout premiers artistes pour proposer aux visiteurs de composer leur propre musée imaginaire ? Une expérience unique que j'ai eu l'immense chance de partager la semaine dernière avec Petit Loup et son papa ! 

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http://www.lascaux.fr/fr/preparez-votre-visite/visitez-lascaux/centre-international-art-parietal

 

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21 mars 2018

Le printemps des retrouvailles

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Nous l'attendions. Le voilà. Je parle bien sûr du printemps. Bon, d'accord, je sais que certains d'entre vous se débattent encore avec la neige mais je peux vous dire que nous, dans le Nord, enfin au nord du Nord, nous commençons à le voir pointer le bout d'un nez certes encore un peu rougi par le froid mais manifestement bien décidé à émerger de ses couches d'écharpes. Ce qui nous a permis, ma copine C. et moi, de nous offrir il y a quelques jours un petit tour du Lac de Genval des plus revigorants.

Revigorant parce que le soleil était de la partie. Revigorant parce que ses près de 3 km de long n'ont pas épuisé les sexa que nous sommes au lendemain d'un trop sédentaire hiver. Revigorant parce que la beauté du lieu n'a pas fini  d'enchanter la lectrice passionnée de Jacqueline Harpman que je suis et m'a d'ailleurs donné l'envie de relire "La plage d'Ostende", qui - comme son titre ne l'indique pas - se déroule pour l'essentiel au bord du Lac de Genval.   

Ce lac, je le connais. Oh, pas très bien ! Assez cependant pour savoir ses villas cossues de styles hétéroclites, son histoire bourgeoise, son "château" transformé en hôtel-restaurant de luxe où ma vie professionnelle me mena quelquefois - mes papilles s'en souviennent - et son calme relativement préservé entre ciel et oiseaux aquatiques. Vendredi, seul le cri indigné d'une bernache du Canada vint d'ailleurs troubler le calme de l'après-midi que joggueurs et personnes âgées (plus que nous) savouraient de concert.

J'ai aimé ce moment rare de complicité dans la nature qui s'ébroue au lendemain de l'hiver. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, la photo que j'ai postée sur Facebook m'a vallu la proposition d'une autre amie, perdue de vue depuis l'école (50 ans quand même !) de venir s'y balader avec moi un de ces jours. Nous devrions nous revoir très prochainement, avec une trosième lurronne voire une quatrième, récemment revues. Elle est pas belle la vie ?

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