Journal d'une mamy-boomer

15 novembre 2018

Splendeurs d'automne

 

fullsizeoutput_71db

Il pleuvait. Enfin. Mais sous l'averse, l'été jouait les prolongations et l'air restait doux. Alors, en sortant de l'exposition, Petit Loup et moi avons marché jusqu'à l'étang où les gouttes s'amusaient à faire des ronds dans l'eau. Nous avons observé les canards affairés et savouré cet étrange silence mouillé à deux pas de la grande ville, si proche, si lointaine pourtant qu'elle nous devenait soudain étrangère lovés que nous étions dans la splendeur de la forêt automnale. Des feuilles d'or tourbillonnaient dans le vent et j'ai pensé à Klimt. L'instant était magique. Rare. Précieux.

 fullsizeoutput_71d5

Posté par mamilouve à 11:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,


09 novembre 2018

Un siècle déjà ?


fullsizeoutput_c7b

Je sais, j’ai déjà longuement évoqué mon grand-oncle Rodolphe ENGLEBERT, officier de cavalerie, mort sur le front de l’Yser le 9 octobre 1918 : c’était le frère préféré de mon grand-père maternel, c’est le héros de la famille. Mais alors que nous célébrons le centième anniversaire de l’Armistice, je ne pouvais faire l’impasse d’un nouvel hommage à celui qui, ancien lieutenant de cavalerie retourné à la vie civile, s’était engagé comme volontaire dès les premiers jours de l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes.

Son dossier militaire résume ses quatre dernières années en bien peu de mots : 

-       11/08/1914 : rentré sous les armes pour le corps des volontaires au 14erégiment de ligne

-      1915 : lieutenant de réserve

-      1916 : fait fonction de commandant de troupes d’étapes à Furnes

-      30/06/1917 : capitaine en second de réserve 

-      19/11/1917 : congé sans solde de 3 mois 

-      16/02/1918 : repris à la solde  

-      03/10/1918 : blessé grièvement près de Roulers 

-      05/10/1918 : rapport médical de l’hôpital d’Hoogstaede : « traversée du thorax droit avec fractures de côtes multiples » 

-      09/10/1918 : mort des suites de ses blessures 

-      22/01/1919 : Croix de guerre avec palme 

-      29/08/1919 : Médaille de la Victoire 

-      10/06/1920 : Croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold avec palme 

-       08/04/1838 : Croix de Feu 

C’est terriblement peu pour dire l’enfer des tranchées, le vacarme des bombes, le froid, la faim, la peur et les rats, les camarades morts sous vos yeux, les gaz, la puanteur, le désespoir… Pierre Lemaître a admirablement décrit, dans « Au revoir là haut », l’horreur des combats, l’agonie des blessés dans les trous d’obus, les « gueules cassées. C’étaient des hommes jeunes, des fils, des pères, fauchés dans leur bel âge, qui laissèrent d’innombrables veuves et orphelins. L’Histoire ne s’en remit pas.

Lieux communs, certes, mais cent ans plus tard, alors que, dans les familles ont disparu les derniers témoins susceptibles de se souvenir et de raconter, il me semble essentiel de rendre hommage au courage de tous ces garçons à peine sortis de l’adolescence, ces jeunes gens amoureux, ces maris, ces pères dans la force de l’âge, qui rencontrèrent la mort au détour d’un obus ou de la baillonnette d’un autre garçon, d’un autre mari, d’un autre père, qui leur ressemblait. 

Pas une famille ne fut épargnée. C’est pourquoi, en plus de Rodolphe, je veux me souvenir que, du côté paternel, même s’ils en réchapèrent, mes petit-cousins Gérard, Lucien, Julien et Romain BUTTIENS participèrent également aux combats, tout comme mon grand-oncle Maurice BLOMME qui était le parrain de mon père. De même, le grand-père de mon mari qui ne revit jamais son épouse allemande, contrainte de retourner dans son pays où elle mourut du typhus. 

Cette guerre terrifiante fit le lit de la suivante qui ne le fut pas moins. Dans nos régions, nous vivons en paix depuis plus de 73 ans. Ce n’est pas le cas ailleurs, loin s'en faut. Ne l'oublions pas.

fullsizeoutput_71be 

Mes quatre petits-cousins, les frères BUTTIENS

P1080627

 Maurice BLOMME et l'un des quatre BUTTIENS, à Dieppe, le jour de l'Armistice

fullsizeoutput_c0e

Hommage de la Patrie à l'un des arrière-grands-pères paternels de mes enfants

Posté par mamilouve à 19:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

02 novembre 2018

Neuf mois plus tard...

 fullsizeoutput_719e

En m'attelant enfin au tri des papiers et autres document de Lorraine, je découvre cette photo datée de 1949, que je ne connaissais pas (ou que j'avais oubliée), qui la montre avec ma grand-mère au sommet d'une dune de Wenduine (Côte belge). Je n'étais pas encore née mais ne tarderais plus. En ce "Jour des morts", très précisément neuf mois après son décès, cette trouvaille me touche en plein coeur. Et parce que je la trouve très belle, je souhaitais vous la partager. 

Posté par mamilouve à 17:15 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

07 septembre 2018

Un été pesant

Chamborg - Ben

L'été a été long. Il a été rude. Trop rude. Pour la terre, les animaux et les humains. Pour les miens. Pour moi.

Dans la canicule qui accable et affaiblit, il a fallu tenir, prendre la mesure de ses limites, de ses faiblesses, de sa patience mise à rude épreuve. Il a fallu espérer et parfois désespérér pour continuer d'avancer. Il a fallu une fois de plus faire bloc.

Puis, petit à petit, dans les corps, dans la tête meurtrie, dans les coeurs affolés, les blessures ont commencé à cicatriser, lentement, si lentement. Deux longs mois chauds, pendant lesquels nous nous sommes traînés, navigant entre Bruxelles qui étouffait et la province brûlée.

Deux longs mois de silence et de lutte qui se sont heureusement clôturés par une petite semaine de vacances, tous ensemble, en Sologne, à deux tours de roue des châteaux de la Loire.

Ce fut court et ce fut bon. Petit Loup ne boitait plus, Grand Loup ne souffrait (presque) plus ni de la mâchoire ni de la tête ni du manque de concentration mais la mémoire des faits n'est pas revenue.

Ce fut fatiguant parce que nous ne sommes pas encore très vaillants physiquement. Puis ce fut la rentrée. La boucle est bouclée. Un été est passé, pesant, presqu'immobile. Allons, il est temps de se remettre en marche ! 

fullsizeoutput_7055

 

Posté par mamilouve à 18:34 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

01 juillet 2018

Série noire

Ces derniers temps, l'histoire familiale montre une fâcheuse tendance à bégayer. Les adeptes de psychogénéalogie et des constellations familiales y verraient sans doute l'influence sur mes contemporains de traumatismes subis par nos ancêtres. Je crois davantage au hasard. Un hasard, dont je me passerais volontiers.

En 1947, alors qu'il courait pour attraper son tram, mon père, alors jeune marié, fut renversé par une voiture. Diagnostic : fracture du crâne. Il resta douze jours dans le coma entre la vie et la mort et c'est l'hémorragie cérébrale qui libéra la pression sous la calotte crânienne qui le sauva. Il s'en sortit sans autre séquelle qu'une tendance aux maux de tête et une relative difficulté de mémorisation. 

Lundi dernier, mon fils, qui roulait à vélo sans casque, passa par dessus le capot d'une voiture. Diagnostic : double fracture du crâne avec oedème cérébral. Mais cette fois pas de coma : s'il perdit connaissance, il se réveilla dans l'ambulance avec une  amnésie totale des circonstances de l'accident. Il n'empêche, la neurologue me l'a confié : "pour le même prix, il était mort ou hémiplégique". Nous attendons que l'oedème se résorbe mais il ne devrait pas conserver de séquelle. Pour l'heure : repos absolu un mois au moins.

Or, dans le même temps, alors qu'il devait venir s'installer chez moi ce dimanche pour suivre un stage "forêt" durant sa première semaine de vacances, Petit Loup, qui jouait au foot (c'est de saison !) dans la cour de l'école, s'est foulé la cheville avec fêlure du cartilage de croissance. Verdict : trois semaines de plâtre.

Il faut savoir que les foulures et fractures des membres inférieurs sont une véritable spécialité familiale. Louve Chérie, en particulier, la marraine dudit Petit Loup, s'en est fait une spécialité dès l'âge ds six ans. J'ai un jour compté qu'au total elle a passé près de neuf mois avec l'un ou l'autre pied dans le plâtre. Et son frère, le papa de Petit Loup donc, est à peine en reste, même s'il a débuté un peu plus tardivement sa carrière de grand éclopé. Les derniers "incidents" du genre étaient une entorse chez Louve Chérie il y a quelques mois et la déchirure du tendon d'Achille il y a quatre ans chez Grand Loup. Curieusement, moi, je ne me suis jamais rien cassé/déchiré/foulé. Quant à Papiloup, à part sa triple fracture de l'humérus il y a six ans, il s'était un jour brisé le petit orteil en butant contre le pied métallique d'une chaise. On ne peut pas à proprement parler d'habitude.

Alors non, je ne me plains pas mais, après les mois passés à fréquenter les hôpitaux et maison de retraite, alors que les vacances pointent le nez et que l'été s'installe, j'espérais avoir enfin l'occasion d'en profiter pleinement avec ceux qu'il me reste (ils ne sont pas nombreux). Las. Nos projets sont compromis et j'ai juste envie de criez "Assez !".

A propos, nous envisageons sérieusement la publication d'un guide des services d'urgence et autres soins intensifs/palliatifs bruxellois et wallon. 

fullsizeoutput_688e

Mes deux éclopés, ce printemps, lorsqu'ils se croyaient encore invincibles

Posté par mamilouve à 18:51 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


24 juin 2018

Silence d'été

fullsizeoutput_e19 

 

L’après-midi repose et le vent somnolent

Pareil à l’éventail agite quelques tiges

Des épis, des rosiers, le jet d’eau transparent

Et la cime des bois en son lointain prestige 

 

En cet après-midi gorgé de souvenance

Le silence d’été me rappelle l’azur

D’anciens instants heureux qui parlent de l’enfance.

Les pétunias pourprés escaladent le mur. 

 

L’après-midi s’étire et un oiseau menu

Tout en haut du sapin sifflote une romance

Rien ne bouge et le soir comme un refrain connu

S’en vient à pas feutrés psalmodier le silence

 

LORRAINE

 

Comme tant d'autres, ce poème qui célèbre l'été figure dans le recueil "Le cahier du soir" de Lorraine, que vous pouvez vous procurer auprès de des éditions "The BookEdition" (12 € + frais de port) dans la collection des "Anthologies Ephémères" dont tous les bénéfices sont reversés à l'association "Rêves" qui réalise les voeux d'enfants gravement malades.

Posté par mamilouve à 11:03 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

19 juin 2018

Le "Cahier du soir" de Lorraine désormais aussi en recueil

 fullsizeoutput_6e93

Bientôt cinq mois que Maman nous a quittés. A mes enfants et moi, elle manque tous les jours, c'est une banalité de le dire mais c'est la vérité. Donc je ne vais pas chercher quelque tournure littéraire qui exprimerait joliment le vide qu'elle a creusé en nous un an presque jour pour jour après celui laissé par la mort de mon mari. Je le dis tout cru : elle nous manque, ils nous manquent tous les deux. Et là n'est pas le propos de ce billet.

Pour de nombreux lecteurs de son blog "Le cahier du soir", Maman était Lorraine. Lorraine, la vieille dame poète qui parlait au coeur de ses lecteurs. Lorraine-la-romanesque, qui avait beaucoup rêvé au temps de l'enfance puis de l'adolescence et s'en souvenait avec les mots de son époque, riches, beaux, parfois un peu désuets mais porteurs de sens puisqu'ils ressuscitaient l'âme des jeunes filles en fleurs. Lorraine-la-virtuose, qui jouait avec brio toute la gamme des sentiments et leurs nuances les plus subtiles. Lorraine-l'émerveillée, que la vieillesse ne trouvait pas blasée mais au contraire toujours avide des plaisirs de la vie, des beautés de la nature, des richesses des rencontres et des échanges. Lorraine-la-gaie aussi (ah, les perles de son rire !), qui savait s'amuser d'un bon mot, d'une situation insolite, d'un souvenir cocasse, d'un présent plaisant  Lorraine-l'amoureuse, enfin (surtout ?), qui savait comme personne exprimer la nostalgie non tant de sa jeunesse que de la passion pour le beau ténébreux trop tôt disparu qui l'avait séduite cinquante ans auparavant. 

En s'envolant en ce froid matin de février pour le pays des poètes, Lorraine a laissé ses lecteurs orphelins de la musique de ses mots. Ceux-ci ont exprimé leur admiration et leur peine sur son blog ou me les ont dits ici-même. Or, à la suggestion de plusieurs d'entre eux, elle caressait depuis longtemps le projet de voir certains poèmes réunis en recueil. Ne sachant comment faire, c'est l'amie Quichottine, qui, fin 2016, s'est chargée de la réalisation pratique de ce projet, tandis que j'y joignais quelques-unes de nos photos de famille pour illustrer une première édition réservée à nos proches et amis. Elle était hospitalisée quand j'ai pu le lui offrir et ce fut pour elle une merveilleuse surprise. Plus tard, cependant, alors qu'elle reprenait quelque force, elle a souhaité que ce recueil puisse être mis à la disposition des lecteurs de son "Cahier du soir". Quichottine et moi avons donc remis notre ouvrage sur le métier afin d'en proposer une version illustrée de photos moins personnelles mais tout aussi signifiantes. Cette seconde édition, Lorraine n'aura pas eu la joie de la feuilleter mais je lui avais promis de la finaliser et, de là où elle est, je sais qu'elle nous a accompagnées à chaque étape de la remise en forme du recueil.

Aujourd'hui, "Le cahier du soir" est accessible à chacun en version papier (152 pages). Vous pouvez vous le procurer*  sur le site des éditions "The BookEdition" dans la collection des "Anthologies Ephémères" initiée par Quichottine et dont tous les bénéfices sont reversés à l'association "Rêves" qui réalise les voeux d'enfants gravement malades. Ainsi, en retrouvant la plume élégante de Lorraine, vous aiderez des fillettes, des jeunes garçons, malmenés dans leur corps et dans leur coeur, à s'évader pour quelques heures d'un quotidien ô combien difficile. Lorraine adorait les enfants, admirait leur spontanéité et leur force de vie. Elle aussi a connu la maladie et l'avenir qui s'assombrit. Elle aurait aimé savoir qu'au-delà de l'émotion littéraire, ses vers, joyeux ou nostalgiques, servent aussi à mettre un peu de baume au coeur de petits patients courageux que la réalisation de leur rêve peut aider à lutter contre la maladie. 

Bonne lecture !

* 12 € + fais de port

Posté par mamilouve à 19:55 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

30 mai 2018

Ce monde est fou

Aujourd'hui, presque simultanément, se déroulaient à Liège et à Bruxelles deux cérémonies d'hommage à des personnes récemment assassinées.

A Bruxelles, une marche blanche a accompagné les funérailles de la petite Mawda, deux ans, tuée il y a une dizaine de jours par un policier qui tentait d'arrêter la camionnette du passeur dans lequel elle se trouvait avec ses parents, son frère et une dizaine d'autres migrants en situation irrégulière. A Liège, les pensées d'une foule impressionnante allaient à un étudiant et deux mamans, tués hier dans un attentat terroriste perpétré par un délinquant lambda radicalisé en prison. L'ironie du sort veut que ces deux mamans  étaient policières elles aussi et tuées pour cela précisément. 

Pas facile d'être policier.ère aujourd'hui ! Tantôt bras armé d'un gouvernement qui traque les illégaux en quête d'une vie meilleure, tantôt victimes de leur statut, les membres des forces de l'ordre peinent pour l'heure à définir leur rôle, tiraillés qu'ils sont entre leurs responsabilités professionnelles et leur sentiments d'êtres humains. Je pense que, plus que d'autres encore, ils doivent comme moi se dire : "Ce monde est fou". Car comment qualifier autrement un monde qui tue des enfants, des mamans et des jeunes gens juste parce qu'ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment ?

Cyril allait être instituteur, il apportait son travail de fin d'études à sa haute école, à deux pas d'une autre école, primaire et secondaire celle-là, où une femme de ménage a été prise en otage par le terroriste qui ne semble l'avoir épargnée que parce qu'elle est musulmane et lui assura respecter le ramadan. S'il n'avait été abattu par les forces spéciales d'intervention, ce terroriste s'en serait-il pris aux écoliers ? Les enfants sont l'avenir d'une société, la police est chargée de protéger la population, l'instituteur de former des citoyens responsables. Attenter à leurs vies, c'est tenter d'ébranler le fondement même de la démocratie et de notre humanité.

Ce monde est fou.

Dans le même temps ou presque, à Paris, un jeune Malien en séjour illégal a escaladé au péril de sa propre vie les cinq étages d'un immeuble pour sauver un enfant suspendu au balcon.

Ce monde est fou. Mais il peut parfois être beau. 

(Pardon si ce texte peut sembler décousu. Par son chaos même, il reflète fidèlement les sentiments suscités par les événements de ces dernières semaines).

Posté par mamilouve à 15:35 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

29 mai 2018

vz-50EBBBF9-3077-40CB-B355-98A09FBDA6D5

J'étais à Paris l'autre jour pour un projet qui me tient à coeur et sur lequel je reviendrai bientôt. Or, mon fils, qui me servait de chauffeur, m'avait offert pour la fête des mères une soirée au Théâtre Antoine où nous avons applaudi Charles Berling, Alain Fromager et Jean-Pierre Daroussin dans le célèbre et désormais classique "Art" de Yasmina Reza.

Hier soir, Jean-Pierre Daroussin a reçu pour son rôle dans "Art" le Molière du comédien dans un spectacle privé. Un Molière que je pense amplement mérité.

Bien sûr, je n'ai pas vu les autres spectacles et j'ignore donc s'il surpassait réellement les autres candidats en lice, mais je sais que dans "Art" en tout cas, il était excellentissime et surpassait, de loin me semble-t-il, ses deux comparses. Peut-être parce que le rôle d'Yvan exigeait nettement plus de nuances que celui des deux autres ? Encore fallait-il être à la hauteur de ces nuances et, sur ce plan, nul ne contestera qu'il l'était - et ô combien - en particulier dans le long monologue où ce doux, ce timide, toujours prêt à éviter le conflit en ménageant la chèvre et le chou, explose soudain face à ses deux copains dressés sur leurs ergots pour un tableau entièrement blanc que Serge, toujours un peu snob, vient d'acquérir et que Marc déteste. Un grand moment de théâtre.

Bien sûr, aussi, on pourrait dire que Jean-Pierre Daroussin joue toujours la même partition : celle du type ordinaire, sans ambition, un peu dépassé par les événements mais, au fond, d'une grande sagesse. On l'a lui a vue jouer au cinéma dans "Le coeur des hommes" et dans "Conversation avec mon jardinier", on l'a appréciée à la télé dans la série "Le bureau des légendes". Ce matin "Le Monde" rappelait qu'en 1979, le critique dramatique Michel Cournot écrivait dans ses pages : « Dans la classe de Marcel Bluwal s’est distingué un comédien extraordinaire, appelé sans doute à un grand avenir, Jean-Pierre Darroussin. Acteur presque impassible, au visage chaotique, qui, restant sur un quant-à-soi presque ténébreux, déclenche des explosions incroyables de comique pur, très beau, mais détermine aussi bien une émotion violente dans les moments de drame. Acteur puissant et pudique, déjà d’une maîtrise totale. » En voilà un, en tout cas, qui ne s'était pas laissé prendre à l'allure anodine et à l'air de ne pas y toucher du comédien de 64 ans aujourd'hui. Car chaque rôle, quand bien même les personnages se ressemblent, exige sa dose de création dans l'intériorité et le décalage toujours un peu burlesque avec la réalité. Or, ce talent n'est pas donné à tout le monde.

Bref, nous avions passé une excellente soirée et, hier soir, je me suis réjouie de ce Molière. Le premier.

28 mai 2018

C'est un jardin extraordinaire... (air connu)

fullsizeoutput_6ac5

Ma pelouse n'est pas un gazon anglais. On peut même dire qu'elle est parfaitement échevelée voire un peu folle, qu'elle ressemble de moins en moins à une pelouse depuis que les graminées des prairies voisines ont pris la clé des champs et que les fleurs de ces mêmes champs y ont installé leurs pénates. On va dire qu'elle n'est pas très orthodoxe mais qu'elle est belle quand même dans ses atours de sauvageonne. En fait, vous savez quoi (belgicisme) : moi, je l'aime bien cette pelouse ! Je trouve qu'elle cohabite harmonieusement avec les prés et le jardin alentour, lui aussi un rien foufou. Alors, bien sûr, ce n'est pas encore le jardin de mes rêves (il est trop jeune), mais il le deviendra un jour. J'espère juste que je serai encore là pour l'admirer dans la force et la beauté de son âge.

fullsizeoutput_6a2e

P1150055

fullsizeoutput_6ad3

fullsizeoutput_6ac8

fullsizeoutput_6cbb

fullsizeoutput_6cb3

fullsizeoutput_6cc0

fullsizeoutput_6cb9

fullsizeoutput_6cb6

fullsizeoutput_6cb4

fullsizeoutput_6cbe

fullsizeoutput_6a10

 

Posté par mamilouve à 19:20 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,