Journal d'une mamy-boomer

17 avril 2019

Adieu formidable Athéna !

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 Elle portait un nom de guerrière. Un nom de sage aussi. Elle était les deux. 

Guerrière, parce qu'elle avait débuté dans la vie sans beaucoup de chance. Un pedigree, certes, mais un premier maître puis un second, pourquoi ? Un troisième ou plutôt un couple de jeunes drogués qui, semble-t-il, l'aime bien mais ne prend pas la peine de l'éduquer, la laisse vivre sa vie de chiot dans le jardin et, surtout, la néglige. Au point que lorsque l'association de sauvetage des dobermans la récupère dans un état de dénutrition sévère, elle ne pèse que 17 kg pour une taille désormais adulte. On lui voit les côtes, chaque vertèbre de la colonne, elle fait pitié. Mais c'est une battante, c'est une joyeuse. Mes enfants et moi allons la chercher au château de Versailles (excusez du peu !) un matin d'avril, il y a très précisément douze ans. C'est le coup de foudre immédiat. Comme celui que nous avions eu huit ans plus tôt pour une autre doberwoman, abandonnée et battue elle, la belle Fidji qui nous avait fait découvrir les particularités rares de cette race de chiens aussi intelligents que tendres et fidèles. Son départ nous avait laissés désemparés. Huit mois plus tard, nous nous sentons près à accueillir une nouvelle malheureuse.

Les débuts sont difficiles. Les enfants sont adultes désormais, ils n'habitent plus avec nous et Papiloup comme moi avons un peu-beaucoup perdu de vue que nous avons désormais près de dix ans de plus qu'au moment où nous avions accueilli Fidji. Laquelle était devenue une vieille chienne paisible et douce, facile à promener, même si elle se déchaînait toujours avec vigueur si d'aventure nous venions à croiser un homme corpulent qui lui rappelait sans doute son ancien tortionnaire. Athena, elle, est jeune et vive et vigoureuse depuis qu'elle mange à sa faim. Elle ne connaît ni les voitures, ni les vélos. En promenade, elle saute sur tout ce qui bouge et ne prétend faire ses besoins que dans le jardin, même si nous nous  baladons longuement dans le bois voisin. Les promenades sont "sportives". Nous marchons d'un bon pas tous les sens en alerte car, malgré les cours d'obéissance et d'agility auxquels elle participe avec ma fille, tout croisement d'un congénère provoque immanquablement des crises d'agressivité qui terrorisent les maîtres des petits chiens pépères et indignent ceux de chiens plus imposants. A deux reprises aussi, Athena me flanque par terre, en tirant brusquement sur sa laisse pour bondir sur une voiture ou un canard. Il faut se rendre à l'évidence : nous ne sommes plus à la hauteur du tempérament de feu de notre belle.

Or, il se fait qu'à ce moment-là, Louve Chérie perd de maladie la gentille chienne berger allemand qu'elle avait recueillie un an plus tôt après un abandon. La solution s'impose : Athena ira vivre avec celle qu'elle connaît bien, qui lui enseigne l'obéissance et avec qui elle s'éclate à l'agility. Athéna ne sera plus notre chienne que par intermittence, pour quelques jours, un week-end, de courtes vacances, mais une chienne toujours contente de nous voir, joyeuse, dynamique et de plus en plus "vivable". Une chienne heureuse, qui acceptera avec bonheur et beaucoup de philosophie toutes les activités, tous les changements, tous les nouveaux compagnons qui émailleront ces douze années passées dans notre famille. 

Début avril, ma fille avait publié sur son compte Facebook, un hommage déchirant à cette compagne hors du commun. Quelques jours plus tard, Athéna s'en allait. Le vide est immense. A nouveau.

 

« Je suis vieille. J'ai 104 ans à votre échelle humaine. 48361616_10156624850167911_2750397520491315200_n

Durant toutes ces années, j'ai bien du aboyer un demi million de fois sur tous ces chiens qui me défiaient depuis le trottoir d'en face, sur ces humains qui ne daignaient s'écarter à mon passage et sur ces motos vrombissantes qui semblaient me prendre pour cible. 

J'ai pincé quelques fesses, moelleuses et rebondies... sans crier gare, sans prévenir, subrepticement. Juste le temps de s'en rendre compte, j'avais déjà filé loin de la réprimande.

J 'ai volé quelques morceaux de chocolat, sectionné quelques ceintures de sécurité et démoli un stock inépuisable de coussins.

J'ai fait plusieurs auberges avant de trouver ma famille, et j'ai mis du temps à comprendre que je pouvais rester. J'ai mis du temps à comprendre, et à vous comprendre. Je ne savais pas vous « lire », je ne savais pas « parler ». J'avais pourtant près de 2 ans.

Je suis jeune.
Je suis jeune et en pleine forme malgré mes 18 kilos tout mouillés... et j'ai une soif de vie, une soif de profiter de tout, tout le temps. 

Je suis jeune.
Je suis jeune et je suis joyeuse.
Je ne connais rien à la vie et veux tout découvrir.
Ecouter, analyser, réfléchir et comprendre... ça nous en a demandé des efforts pour y arriver, mais on n'a rien lâché. 
Seules mes pulsions et mes envies me font avancer, je dois apprendre à les canaliser, apprendre à vivre AVEC les autres, à vivre AVEC ma famille.

Je suis jeune.
Je suis joyeuse.
Et je suis belle. 
Quelques kilos de pris, et me voilà « taille mannequin ». Hissée sur mes échasses, j'ai un corps d'athlète. Du muscle, de la puissance et de la souplesse. On m'admire, on me regarde. On me craint, et j'en profite un peu. Les « étrangers » n'ont qu'à bien se tenir. Je suis un chien de protection, alors je protège :  ma famille, ma voiture, mon trottoir, mon terrain, mes petits "frères"... Gare à celui qui s'approche. 

Mais j'ai un coeur
Un coeur énorme 
Un coeur que j'offre à ma famille. Collée à eux, je ne veux en être séparé. J'ai fini par poser mes valises et ne compte plus changer d'auberge. Je veux rester ! Je suis leur ombre, dans la cuisine, aux toilettes, dans la salle de bain, dans le canapé avec la tête posée sur leur ventre, à table, la tête sur leurs genoux, dans la voiture, la tête sur leur épaule. 

Mais j'ai un coeur 
Un coeur énorme 
Un coeur que je mets dans toutes les activités. OB, agility, frisbee, défense, vélo, tricks... tout m’intéresse, tout me motive.
Je suis rapide, je suis réactive, je suis une gazelle... mais je suis aussi une tête brûlée et une tête de mule. Je comprends vite ... mais j'ai une telle soif de profiter que je ne peux m’empêcher de faire ce que je veux. Je suis « folklore », « farce », « imprévisible » ... « instable ».

Je suis jeune.
Je suis joyeuse.
Je suis belle.
Et je suis aimée. On me caresse, on m’embrasse, on me pétrit d'amour, on m'emmène partout, on me pardonne beaucoup. Et puis ... un jour, ... je tombe en me levant. J'ai 10 ans. Déjà !

Mes pattes ont du mal à se coordonner et mon masque noir blanchit. Des boules poussent sur mon corps galbé, il se déforme, se ramollit, maigrit. Tu m'appelles « ma boulette ». Mon regard se voile, tu m'appelles « princesse bleue ».

Mon audition s'envole. Je ne te situe plus au loin, je te cherche. J'ai 11 ans.

J'ai perdu le sens des limites, oublié les règles de vie, je vis à nouveau selon mes pulsions et mes envies. J'ai 12 ans. 

Je ne sais pas toujours si c'est le jour où la nuit, ne sais pas toujours ce que je dois faire, je ne comprend pas, je ne sais plus. J'ai 13 ans.

Je suis moins joyeuse, je suis dans une bulle, je sens que quelque chose ne va pas, je sens que je change... et je ne veux pas. 


Alors je continue à galoper en promenade, je continue à aboyer sur les rôdeurs imaginaires, je continue d'éventrer mes coussins, je continue à jouer sans modération avec mon petit "frère", continue à poser ma tête sur les genoux de ma famille, parce que j 'existe,  parce que je suis là.

Je me couche sur mon "frère" qui a pris ma place dans le canapé, je lui prend la balle qu'il tient dans sa gueule, lui vole l'os qu'il essaye de manger tranquillement, je m'impose, parce que je suis vielle, parce que j'existe, parce que je suis là !

Je dors beaucoup, je fais quelques malaises, je tremble sur mes jambes, je fais pipi au lit. Mais je suis là ! Et je vis. Jusqu'au bout, je me batterai sans me plaindre. Parce qu'on m'a donné une deuxième chance, parce qu'on a compris mes maladresses, parce qu'on m'a pardonné mes erreurs, parce qu'on m'a permis de vivre sereinement, parcequ'on m'a permis de vivre intensément, parcc qu'on m'a permis de vivre, tout simplement. Et parce qu'on m'accepte, maintenant, avec mes « pertes d'autonomie ».

Les 14 ans, se rapprochent chaque jour un peu plus. J'ai peur »

Athéna, 13 ans et demi 

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05 février 2019

Sauts de puce

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Il y a eu un an ce week-end que Maman nous a quittés. Et deux que Papiloup nous avait fait le même coup tordu. Alors, forcément, le bonheur cahotte un peu. Mais les jours rallongent. "A la Saint-Luce, le saut d'une puce ; aux rois, ça se voit ; à la Chandeleur, le saut d'une heure" "proverbait" ma grand-mère. Aujourd'hui j'apprends à me réjouir simplement parce que nous allons vers la lumière.

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08 janvier 2019

Et si on essayait le bonheur ?

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Je rentre de Normandie où j'ai passé les premiers jours de l'année au grand air de l'Atlantique, entre plages du Débarquement et pittoresques villages du Cotentin. Je reviens gonflée d'une énergie nouvelle, tant par les balades sur le sable que par la confrontation avec une histoire atrocement douloureuse dont nous sommes les bénéficiaires trop souvent inconscients. Enfants gâtés des Trente Glorieuses et du troisième millénaire, nous nous plaignons en effet beaucoup, alors même que nous avons grandi en temps de paix, de prospérité et de progrès à bien des points de vue, y compris économiques, quoi qu'on en dise. Aujourd'hui, les authentiques points noirs restent l'inégalité des chances entre populations du Sud et du Nord, la montée des extrémismes, ainsi que la question environnementale, qui dépend entièrement de nous.

Alors, en ce début d'année sombre, frisquet et pluvieux comme la plupart des débuts d'année, j'aimerais balayer la morosité ambiante d'un revers de la main ou, plutôt d'un retournement d'état d'esprit. « Et si on essayait d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple » disait Jacques Prévert. J'ai repensé à cette phrase en découvrant sa tombe un peu par hasard dans le minuscule village battus par les vagues et les vents d'Omonville-la-petite, où il s'éteignit en 1977. Après des mois de galères, je me suis promise de la mettre en pratique. Sans garantie de résultat. Mais au moins aurai-je essayé. N'est-ce pas le plus important ?

Et vous non plus n'oubliez pas d'être heureux !

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25 décembre 2018

Des hommes de bonne volonté

Parce que ce fut d'abord, il y a plus de deux mille ans, la fête d'un couple comme beaucoup d'autres, d'un homme, d'une femme et du fruit de leurs entrailles, Noël est et reste la fête familiale par excellence.

On n'est pas obligé d'être croyant pour adhérer à la symbolique, tant est forte, porteuse de sens, l'image du petit enfant de la crèche à qui les bergers des environs s'en viennent porter quelque nourriture qui aidera ses parents à survivre dans leur précaire condition.

Le Père Noël préféré au Jésus de la crèche, la neige immaculée des images d'Epinal et les dérives commerciales des cinquantes dernières années n'ont pas réussi à balayer le symbole, tant est forte au coeur des hommes l'aspiration à la solidarité, à l'amour et la paix, annoncés par la venue au monde de ce nouveau-né démuni de tout.

J'espère donc du fond du coeur que chacun, qu'il soit enfant ou parent, prince en son palais ou SDF, grand patron ou gilet jaune, européen ou migrant, chétien ou non, que chacun, dis-je, a pu vivre, en ces sombres jours de décembre, une fête véritablement chaleureuse. J'espère que les mesquineries ont été balayées d'une main tendue. J'espère que les chagrins et les peurs ont pu laisser place au plaisir d'être ensemble et de partager. J'espère surtout que les hommes de bonne volonté n'ont pas dit leur dernier mot.

Et je souhaite à tous un très joyeux Noël !

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(La crèche de mon quartier, réalisée par des voisins aussi habiles que généreux)

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30 novembre 2018

Rencontre

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Traits fins, regard pensif, la jeune fille s’était parée pour celui qui sculpterait son image dans le bois tendre. Elle avait tressé ses cheveux, creusé sa taille, choisi avec soin la robe qui soulignait sa gorge blanche et tandis qu’il la détaillait en songeant que, décidément, elle était ravissante cette jouvencelle dont le père lui demandait d’immortaliser l’image, elle rêvait. Elle rêvait au preux chevalier ou au prince charmant, car on était encore en ces temps où avaient cours les chevaliers et les princes, au demeurant charmants ou non. Elle espérait ardemment qu’il se présenterait bientôt, car le mariage approchait à grands pas. Elle suppliait le ciel qu’il soit beau et suffisamment preux pour l’emporter loin, à la barbe de son père et de ce seigneur bougon à qui il l’avait promise. Il lui arrivait aussi de désespérer.

Qu’en fut-il ? Elle était belle. Elle fut sûrement admirée, sans doute aimée. Peut-être même fut-elle heureuse. Nous ne le saurons pas. Les siècles ont passé. Son corps s’est dissous dans la terre et son image même a subi les outrages du temps, mais l’inéluctable gangrène qui balafre désormais son visage ne parvient à altérer ni sa beauté ni la rêverie qui nimbe toujours son regard. 

J’ai croisé la belle dame l’autre jour. Elle m’a parlé du temps qui passe, de la vieillesse qui s’en vient, des espoirs déçus, des rêves qu’on abandonne et de ceux qui persistent malgré tout. Elle m’a dit la souffrance d’avoir vécu en des temps peu propices aux aspirations des femmes, je lui ai dit les combats gagnés et les territoires qu’il reste à conquérir. Elle a souri. Nous  nous sommes comprises.

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27 novembre 2018

L'autre pays du fromage

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Pas facile de trier les papiers de famille ! Tant de souvenirs, tant de nostalgie ! Les photos ne restituent que des moments heureux à jamais enfuis, quant aux documents officiels, fiches de paie ou contrats d'assurance désormais obsolètes, ils ne font que souligner l'absence. 

J'ai quand même déniché quelques photos qui m'ont fait sourire. Elles datent du début des années 60. Lorraine, alors journaliste, et mon père qui l'accompagnait en tant que photographe, ont passé quelques jours aux Pays-Bas, notamment pour rendre compte de la façon dont les Néerlandais gagnaient des terres sur la mer en réalisant des polders au sein de l'Ijsselmeer. Au passage, ils avaient découvert la petite ville d'Alkmaar, mondialement connue pour son marché aux fromages qui se déroule encore toujours comme au XIVe siècle du premier vendredi d'avril au premier vendredi de septembre. Or, comme le précise Wikipédia, "ce n'est pas seulement du folklore puisque des vrais acheteurs viennent négocier le fromage aux producteurs".  

Malheureusement, il ne reste que les photos non publiées à l'époque et, donc, pas de vue du portage des brancarts chargés de roues de fromage qui font la réputation de la ville. Par contre, deux photos plus personnelles témoignent que notre journaliste de choc vivait pleinement sa découverte du pays.

Mais voyez plutôt !

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A Alkmaar, le costume traditionnel restait prisé dans les années 60

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La pesée des roues de fromage

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Le fameux marché d'Alkmaar : les porteurs pas encore prêts au départ

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Quand Lorraine se sent l'âme hollandaise... 

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... au point de prendre la barre sur l'Ijsselmeer

(dont, pour la petite histoire, l'heure d'avant, elle redoutait la houle)

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15 novembre 2018

Splendeurs d'automne

 

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Il pleuvait. Enfin. Mais sous l'averse, l'été jouait les prolongations et l'air restait doux. Alors, en sortant de l'exposition, Petit Loup et moi avons marché jusqu'à l'étang où les gouttes s'amusaient à faire des ronds dans l'eau. Nous avons observé les canards affairés et savouré cet étrange silence mouillé à deux pas de la grande ville, si proche, si lointaine pourtant qu'elle nous devenait soudain étrangère lovés que nous étions dans la splendeur de la forêt automnale. Des feuilles d'or tourbillonnaient dans le vent et j'ai pensé à Klimt. L'instant était magique. Rare. Précieux.

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09 novembre 2018

Un siècle déjà ?


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Je sais, j’ai déjà longuement évoqué mon grand-oncle Rodolphe ENGLEBERT, officier de cavalerie, mort sur le front de l’Yser le 9 octobre 1918 : c’était le frère préféré de mon grand-père maternel, c’est le héros de la famille. Mais alors que nous célébrons le centième anniversaire de l’Armistice, je ne pouvais faire l’impasse d’un nouvel hommage à celui qui, ancien lieutenant de cavalerie retourné à la vie civile, s’était engagé comme volontaire dès les premiers jours de l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes.

Son dossier militaire résume ses quatre dernières années en bien peu de mots : 

-       11/08/1914 : rentré sous les armes pour le corps des volontaires au 14erégiment de ligne

-      1915 : lieutenant de réserve

-      1916 : fait fonction de commandant de troupes d’étapes à Furnes

-      30/06/1917 : capitaine en second de réserve 

-      19/11/1917 : congé sans solde de 3 mois 

-      16/02/1918 : repris à la solde  

-      03/10/1918 : blessé grièvement près de Roulers 

-      05/10/1918 : rapport médical de l’hôpital d’Hoogstaede : « traversée du thorax droit avec fractures de côtes multiples » 

-      09/10/1918 : mort des suites de ses blessures 

-      22/01/1919 : Croix de guerre avec palme 

-      29/08/1919 : Médaille de la Victoire 

-      10/06/1920 : Croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold avec palme 

-       08/04/1838 : Croix de Feu 

C’est terriblement peu pour dire l’enfer des tranchées, le vacarme des bombes, le froid, la faim, la peur et les rats, les camarades morts sous vos yeux, les gaz, la puanteur, le désespoir… Pierre Lemaître a admirablement décrit, dans « Au revoir là haut », l’horreur des combats, l’agonie des blessés dans les trous d’obus, les « gueules cassées. C’étaient des hommes jeunes, des fils, des pères, fauchés dans leur bel âge, qui laissèrent d’innombrables veuves et orphelins. L’Histoire ne s’en remit pas.

Lieux communs, certes, mais cent ans plus tard, alors que, dans les familles ont disparu les derniers témoins susceptibles de se souvenir et de raconter, il me semble essentiel de rendre hommage au courage de tous ces garçons à peine sortis de l’adolescence, ces jeunes gens amoureux, ces maris, ces pères dans la force de l’âge, qui rencontrèrent la mort au détour d’un obus ou de la baillonnette d’un autre garçon, d’un autre mari, d’un autre père, qui leur ressemblait. 

Pas une famille ne fut épargnée. C’est pourquoi, en plus de Rodolphe, je veux me souvenir que, du côté paternel, même s’ils en réchapèrent, mes petit-cousins Gérard, Lucien, Julien et Romain BUTTIENS participèrent également aux combats, tout comme mon grand-oncle Maurice BLOMME qui était le parrain de mon père. De même, le grand-père de mon mari qui ne revit jamais son épouse allemande, contrainte de retourner dans son pays où elle mourut du typhus. 

Cette guerre terrifiante fit le lit de la suivante qui ne le fut pas moins. Dans nos régions, nous vivons en paix depuis plus de 73 ans. Ce n’est pas le cas ailleurs, loin s'en faut. Ne l'oublions pas.

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Mes quatre petits-cousins, les frères BUTTIENS

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 Maurice BLOMME et l'un des quatre BUTTIENS, à Dieppe, le jour de l'Armistice

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Hommage de la Patrie à l'un des arrière-grands-pères paternels de mes enfants

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02 novembre 2018

Neuf mois plus tard...

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En m'attelant enfin au tri des papiers et autres document de Lorraine, je découvre cette photo datée de 1949, que je ne connaissais pas (ou que j'avais oubliée), qui la montre avec ma grand-mère au sommet d'une dune de Wenduine (Côte belge). Je n'étais pas encore née mais ne tarderais plus. En ce "Jour des morts", très précisément neuf mois après son décès, cette trouvaille me touche en plein coeur. Et parce que je la trouve très belle, je souhaitais vous la partager. 

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07 septembre 2018

Un été pesant

Chamborg - Ben

L'été a été long. Il a été rude. Trop rude. Pour la terre, les animaux et les humains. Pour les miens. Pour moi.

Dans la canicule qui accable et affaiblit, il a fallu tenir, prendre la mesure de ses limites, de ses faiblesses, de sa patience mise à rude épreuve. Il a fallu espérer et parfois désespérér pour continuer d'avancer. Il a fallu une fois de plus faire bloc.

Puis, petit à petit, dans les corps, dans la tête meurtrie, dans les coeurs affolés, les blessures ont commencé à cicatriser, lentement, si lentement. Deux longs mois chauds, pendant lesquels nous nous sommes traînés, navigant entre Bruxelles qui étouffait et la province brûlée.

Deux longs mois de silence et de lutte qui se sont heureusement clôturés par une petite semaine de vacances, tous ensemble, en Sologne, à deux tours de roue des châteaux de la Loire.

Ce fut court et ce fut bon. Petit Loup ne boitait plus, Grand Loup ne souffrait (presque) plus ni de la mâchoire ni de la tête ni du manque de concentration mais la mémoire des faits n'est pas revenue.

Ce fut fatiguant parce que nous ne sommes pas encore très vaillants physiquement. Puis ce fut la rentrée. La boucle est bouclée. Un été est passé, pesant, presqu'immobile. Allons, il est temps de se remettre en marche ! 

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