Journal d'une mamy-boomer

27 août 2016

Par le petit bout de la lorgnette

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Mes ancêtres sont reposants. Je n’ai pas à m’inquiéter de leur bien-être, de leur santé, de leurs problèmes professionnels ou de couple, de leur situation financière… Ils ont depuis longtemps fini d’aimer, de rêver et de rire, ils ont fini de s’illusionner, de plier sous le joug d’un labeur pas toujours rigolo, ils ont cessé de souffrir. Ils ne râlent plus, ils ne critiquent plus, n’ont plus ni espoirs ni regrets ni remords, ils ne m’adressent aucun reproche, aucune louange non plus, ils n’attendent rien de moi.

Ils sont reposants, d’ailleurs ils reposent.

Ca ne les empêche pas de se faire à l’occasion facétieux, de se dissimuler entre les pages illisibles des registres, de se cacher derrière des graphies improbables, de se rire de mes interminables recherches pour les rassembler dans un Panthéon familial virtuel. À quoi bon, se disent-ils là où ils sont. À quoi bon, en effet, collectionner les noms, les lieux, les dates et les notations, pister leurs traces dans la petite histoire des hommes qui nous ont précédés ?

Savoir d’où on vient aide-t-il à savoir où l’on va ? Je n’en suis pas certaine. Si on se limite aux générations les plus proches, cela peut néanmoins aider à comprendre l’influence de situations ou d’événements parfois anciens sur des comportements contemporains et, qui sait, à résoudre certains conflits intérieurs se perpétuant parfois de génération en génération.

Ces quelques cas particuliers mis à part, l’intérêt de la généalogie me semble néanmoins plus historique que psychologique. J’ai toujours aimé l’Histoire. Y inscrire mes ancêtres, dans leur modestie même, l’illustre de façon autrement vivante qu’une simple lecture, un cours ou une émission télévisée. C’est pourquoi je poursuivrai.

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24 août 2016

Un bourgmestre chez les tanneurs

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Ordinairement, je ne m’intéresse qu’à ma généalogie ascendante, autrement dit je remonte dans le temps pour retrouver mes ancêtres en ligne directe. C’est déjà en soi un travail de Bénédictine, sans que j’aille en plus m’aventurer sur les pas de tous les descendants d’un couple d’aïeux (généalogie descendante). D’ailleurs, pourquoi choisir celui-ci plutôt que celui-là ? À moins de vouloir organiser une cousinade de tous les porteurs actuels de son propre patronyme ? Une ambition qui n’est pas mienne.

Malgré tout, je recueille scrupuleusement les infos relatives aux frères et sœurs de mes ancêtres directs, car leurs dates et lieux de naissance, de mariage, de décès, fournissent une foule d’informations sur la famille, son niveau d’instruction, la transmission des savoirs professionnels, les éventuels déménagements, etc. Souvent, d’ailleurs, le jeu des parrainages des enfants entre les membres d’une fratrie permettent de déterminer avec certitude que l’on suit bien la branche recherchée, ce qui n’apparaît pas toujours avec évidence quand tous les garçons premiers nés s’appellent Eustache ou Gaspar comme leur grand-père et les filles Marie, Gertrude ou Elisabeth, comme leur grand-mère. Le risque est grand alors de bifurquer sur une branche cousine dont la moitié au moins ne serait pas authentique.

Bref, je remonte et si parfois je divague, si souvent j’erre, ma boussole me mène irrésistiblement vers le sommet, ce seizième siècle qui semble  inaccessible à beaucoup mais qu’il est souvent possible d’approcher au plus près à force de ténacité.

Une base de 350 noms

J’ai cependant fait une exception pour ma branche (de) HODEIGE. Voici deux ans, je suis en effet tombée sur un registre paroissial dans lequel un curé méticuleux de la fin du XVIIe siècle avait pris soin de recueillir entre 1600 et 1680 tous les baptêmes des « Principales familles de Liège ». Or, dans ce recueil, aux côtés de familles prestigieuses comme les MÉAN et les LIVERLO qui donnèrent plusieurs conseillers aux Princes Evêques de Liège, comme les CURTIUS, ces commerçants prospères dont la prestigieuse demeure est désormais un musée passionnant consacré à l’histoire liégeoise, comme les WOOT, l’une des grandes familles nobles de Belgique, figurent les HODEIGE.

J’ai donc recueilli en vrac quantité de noms, de lieux et de dates sur quantité d’hommes et de femmes nommés HODEIGE. Je n’ai pas tardé à y repérer mon ancêtre Léonard né en 1609 d’Amel et Martine, père d’Anne (née en 1659), qui épousait Eustache ENGLEBERT en 1680. Mais quelles liens tous ces HODEIGE avaient-ils les uns avec les autres ? Comme le relevé s’étend sur quatre-vingt ans, plusieurs générations sont concernées et beaucoup étaient sûrement les descendants d’autres. Qui était fils ou fille, frère ou sœur de qui ? Et qui oncle ou tante, cousin ou cousine, sinon parent plus lointain ? Restait à établir ces liens et pour cela à relever minutieusement dans un tableur les noms, titres éventuels, dates et paroisses de baptêmes. Au total, ce sont quelque  350 HODEIGE que j’ai ainsi répertoriés, avant de rechercher leurs actes de naissance qui, avec les noms de leurs parrains et marraines ainsi que de leurs paroisses, me permettraient de réunir les fratries.

Très vite, il apparut que certaines épouses tantôt simplement prénommées apparaissaient à d’autres endroits munies de leur nom de famille. Je pus ainsi rassembler quelques couples, quelques fratries. Ainsi, ceux de Gilles le jeune (né vers 1565) et Elisabeth POTESTA. D’autres HODEIGE, devenus veufs, s’étaient remariés et redémarraient une seconde descendance. Je pense notamment à Pierre, dont les enfants, nés de Anne puis de Marie, s’étagent de 1619 à 1640. Au jeu des parrainages, je peux aussi déduire que Messire Henri (né vers 1570), échevin de la Souveraine Justice de Liège de 1606 à 1617, est le frère de Gilles le jeune (né vers 1565) et de Renier (né vers 1560).

Ainsi, le nombre initial de familles s’est-il légèrement réduit. Mais il reste quantité de HODEIGE que je ne suis parvenue à relier à aucun autre.

Quartiers de noblesse

Ce travail de Titan n’est pas terminé, mais il est clair désormais qu’aux côtés d’une branche possédant blason et quartiers de noblesse, prospère, cultivée et proche du pouvoir, une autre, plus modeste, s’est longtemps perpétuée sur la paroisse de Saint-Pholien, en Outremeuse, où ses membres exerçaient le métier de tanneur. Selon « Le bon métier de tanneur de l’ancienne cité de Liège » (1963), plusieurs HODEIGE, dès l’an 1418, jouèrent d’ailleurs un rôle important au sein de la Corporation. C’est de celle-ci que je suis issue.

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L’histoire aurait pu s’arrêter là, si je n’étais tombée sur d’autres mentions de la famille. En 1978, évoquant Léonard de HODEIGE qui fut bourgmestre de Liège en 1780 avec Thomas-Mathias LOUVREX, Yves Moreau, licencié en histoire moderne et contemporaine, écrivait dans « Les bourgmestres de Liège au XVIIIe siècle » : « La famille Hodeige était issue de la Tanneurue, dans la paroisse de Saint-Pholien, mais ses membres demeurèrent de modestes tanneurs ».

De son côté, la « Continuation du recueil héraldique des seigneurs bourgmestres de la noble cité de Liège » (1783) précise : « Noble et généreux Seigneur Léonard de Hodeige, avocat, bourgmestre de Liège en 1780, descend de cette noble famille de Hodeige qui, en 1567 et 1574 nous donna un bourgmestre nommé Jacques de Hodeige del Chaine, voué de Bolvemont. Notre Bourgmestre eut pour père Pierre-François de Hodeige, JC et avocat et pour mère Dieudonnée Waoury… Pierre François était fils de Léonard de Hodeige et de Marguerite Molinay… ».

C’est le prénom de Léonard qui m’a interpellée. Dans la liste des 350 HODEIGE, il n’apparaît que dans ma branche d’ancêtres, nulle part ailleurs. Se pouvait-il que mes modestes tanneurs aient engendré un avocat et un bourgmestre comme le notait Yves Moreau ? C’est là que j’ai entrepris la « descente » vers des temps plus récents et que, Bingo !, j’ai pu établir que le Léonard HODEIGE, époux de Marguerite Molinay et grand-père du bourgmestre du même nom, était fils d’Emile (né en 1646), le frère de mon ancêtre Anne (née en 1659), épouse d’Eustache ENGLEBERT. Ainsi, dans la multitude de ceux qui m’ont précédée se trouva-t-il quelques hommes dont la vie ne se limita pas à survivre au prix d’un lourd labeur mais qui surent prendre des responsabilités dans la vie publique et y trouver sans doute un vif intérêt.

Je n’ai pas poursuivi pour l’heure la recherche des descendants du bourgmestre Léonard. D’autres branches plus directes continuent à titiller ma curiosité. Je ne suis pas non plus parvenue à établir que, comme le prétend la « Continuation du recueil héraldique », les tanneurs étaient reliés à la branche noble qui engendra tant de conseillers, commissaires, chanoines, avocats…  Mais qui sait, un jour peut-être reprendrai-je la quête ?

22 août 2016

Et le silence…

Et le silence a enrobé la maison. Les roues du rolator ne grincent plus entre la chambre et la cuisine. Le carillon ne résonne plus aux allées et venues des innombrables soignants qui prenaient soin de son corps déclinant. Le téléphone ne sonne plus, la télévision s’est tue et sa voix si fluette, presque un murmure, ne réclame plus ce petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles et qu’elle chantait autrefois en s’accompagnant au piano. 

Parce qu’elle refusait obstinément la maison de repos, nous nous sommes occupés de Belle Maman jusqu’à l’extrême limite de nos forces et des siennes. Finalement, il a bien fallu partir pour l’hôpital. Dans l’unité de soins palliatifs qu’il l’a accueillie, elle aura vécu moins de quatre jours.

Après des semaines sous tension, nous voilà donc en phase d’atterrissage dans un état d’épuisement physique et moral que nous n’imaginions pas. Il va falloir penser à nous maintenant. Ceux qui nous aiment le disent et le répètent. Et, même si nous avons déjà pris nos vacances en mai, pourquoi ne pas partir encore quelques jours, n’importe où, ailleurs, histoire de changer d’air et d'horizon ? Je ne suis pas sûre que notre agenda le permettra. Pas sûre non plus d’être très présente ici. Se remettre en marche, se reconstruire, il le faut. J’y veille. 

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Se remettre en marche

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12 août 2016

Vole, vole, vers les étoiles

Ma petite belle-mère s'est envolée vers les étoiles, rejoindre ceux qu'elle aime et qui l'ont précédée dans ce voyage vers l'inconnu. Elle repose enfin apaisée, sereine. Le dernière année fut douloureuse. Nous avons tenté de la lui rendre supportable. Nous ne sommes pas sûrs d'avoir réussi, mais, jusqu'au bout, nous avons fait ce que nous avons pu. Les jeux, les rires et la connivence tissée avec notre Petit Loup ont été parmi ses derniers plaisirs, la tendresse de certains de ses petits-enfants son dernier réconfort. Elle a fini de souffrir. Il nous reste le souvenir.

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08 août 2016

Toujours en pause...

Soyons clairs : la pause "mère-grand" a pris fin depuis un certain temps déjà ne nous laissant que de beaux souvenirs. Et il n'est pas impossible que notre Petit Loup nous revienne quelques jours juste avant la rentrée des classes.

 

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Si je ne suis pas revenue plus tôt, c'est que la santé déclinante de Belle Maman nous a beaucoup accaparés ces derniers temps. La voilà hospitalisée.

Je reviens dès que possible.

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19 juillet 2016

Blog en pause "mère-grand"

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A bientôt !

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16 juillet 2016

Le lendemain

De quoi parle-t-on le (sur)lendemain, quand tout, une fois de plus, semble dérisoire face aux vies fauchées dans une nuit de fête, aux corps déchiquetés, aux familles endeuillées, aux blessés par centaines dont la vie, plus jamais, ne sera comme avant ? Sur quoi écrit-on quand ses propres sentiments prennent, une fois encore, leur dimension vraie, insignifiante, face aux carnages d’un monde déboussolé ? Quelle photo pour dire sa peine et sa solidarité, quelle image pour exprimer sa colère quand toutes, déjà, ont inondé la Toile ?

A nouveau sans voix, sans mots, sans force, il reste la vie. Et l’espoir. Sans illusion.

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(Le mesureur de nuages - Jan Fabre)

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13 juillet 2016

Brèves de sexa

Avoir soixante ans et un désormais bon gros tas de poussières, c’est :

-       atteindre un jour la date fatidique qui suppose la mise au repos de ses facultés physiques et/ou intellectuelles. Se demander si cela change vraiment quelque chose auxdites facultés. Se dire que non.

-       se voir notifier le montant de sa pension. Être déçue. S’être attendue à être déçue. Se demander si on vient vraiment de basculer dans le clan des assistés, des économiquement faibles, des totalement inutiles. Se dire que non.

-       s’étonner de découvrir dans le journal que nos voisins français, qui s’arrêtent pourtant cinq ans plus tôt, touchent une retraite nettement plus conséquente. Se dire « Tant mieux pour eux » !

-       s’entendre dire que désormais on a le temps de profiter du temps libéré par le boulot. Se dire qu’on l'aimait bien ce boulot, qu’on ne va pas cesser de l’aimer, qu’on va même continuer à l’exercer. Oh pas trop ! Pas tous les jours (ce n'était déjà plus le cas depuis un certain temps). Un peu, à l’occasion. Juste pour le plaisir ! Et pour arrondir les fins de mois. Pour les rencontres aussi. Pour les bulles d'air dans une vie rythmée par la présence d'une Belle-Maman chaque  jour moins vaillante. Pour (sur)vivre, quoi !  

 

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08 juillet 2016

Promesses

Bon, alors, je vous ai assez bassinés avec mes averses et autres gouttelettes pour ne pas rendre justice au soleil quand les nuages daignent enfin lui laisser la place qui aurait dû être sienne depuis des semaines. Notre tout jeune jardin n'en est pas encore revenu et nous offre désormais ses premiers délices, certes encore très clairsemés mais pleins de somptueuses promesses pour les années à venir.  

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06 juillet 2016

La tendresse

J'ai déjà raconté ici que Louve Chérie a toujours travaillé en maison de repos, d'abord à Bruxelles, puis, plus récemment, à Rochefort. Elle tenait d'ailleurs un blog (ici) qui a touché en son temps pas mal de lecteurs.

Plus récemment, à l'occasion de la fête de la résidence Préhyr sur le thème des musiques du monde, elle s'est essayée à la vidéo. Et cela a donné un moment d'intense émotion pour les familles et les proches (ici)

Tant qu'elle y était, elle s'est amusée à concocter une seconde vidéo avec les membres du personnel (ici). Cela a donné un moment de franche rigolade qui a eu pour effet de souder les liens... et d'attirer l'attention de la télé locale (ici). Un moment d'intense émotion, pour Loouve Chérie cette fois, qui se disait intimidée par les caméras mais s'en est très bien tirée.

Je vous laisse avec ces trois pépites.  

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Lors de la fête de l'an dernier sur le thème des anciens métiers, la musique déjà était bien présente  (désolée, ici, je n'ai pas le son) 

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