Journal d'une mamy-boomer

22 juin 2017

L’ère de la routine

Le pire, c’est qu’on s’habitue.

Je le pensais, ce matin, en me souvenant qu’hier, ici même, je m’amusais des petits avantages et gros inconvénients d’accumuler les ans aux ans, sans évoquer l’attentat qui aurait pu endeuiller une fois de plus la capitale. Alors, bien sûr, il a raté, cet attentat et le seul mort à ne pas déplorer est le kamikaze himself, tué par un militaire auquel il s’attaquait. Mais tout de même, on a risqué gros ! On sait en effet désormais que l’homme a traversé une bonne partie de la ville en métro et que l’instabilité du produit utilisé aurait pu le faire sauter à n’importe quel moment de son périple. Alors, pourquoi presqu’aucune réaction sur les réseaux sociaux ? Aucun drapeau belge ou européen ? Aucun Tintin, aucun Mannekenpis pour une fois soulagé (c’est le cas de le dire !) ? Aucun « Je suis Bruxelles » ?

On s’habitue, je l’ai dit. Juste avant, il y a eu Manchester et Londres et Paris. Plusieurs fois. Nous sommes entrés dans l’ère de la routine. C’est terrifiant et, en même temps, peut-être salutaire. On a intégré la menace et on continue à vivre, presque comme avant, avec juste, de temps à autre, dans les lieux bondés, une pointe d’appréhension et puis, tout de suite après, ce fatalisme, ce comportement un rien provoc’ qui nous fait y aller quand même dans les gares, dans le métro, à l’aéroport ou dans les festivals d’été. Parce qu’il faut bien continuer à vivre. Sinon, ils auraient gagné, non ?

Avec son coup de marqueur toujours aussi drôle, efficace et cruel (cynique, quoi !), Pierre Kroll l’exprimait très bien ce matin dans « Le Soir ».

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21 juin 2017

Brèves de sexa

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(couverture du supplément gratuit à "La Libre" de juin 2017)  

Avoir soixante ans et des poussières (un bon gros tas qui n’en finit pas de grossir !), c’est avoir le droit de :

- recevoir sollicitations et conseils illustrés de photos de fringants quinquagénaires aux sourires Pepsodent et aux somptueuses chevelures de neige assorties à leurs tenues de lin blanc, baignant dans la félicité de la super forme entretenue à grands coups de salles de sports et de vacances perpétuelles au soleil ou à l’air vivifiant de la mer. J’ai depuis toujours des canines de vampire, les cheveux immuablement bruns, fins et raides, j’adore les tenues colorées et je n’ai jamais aimé le sport. C’est grave, Docteur ?

- circuler en train d’un bout à l’autre de la Belgique, aller-retour, pour 6,3 €. En vrai, aucun senior ne se tape Ostende-Arlon aller-retour sur la même journée. Cela signifierait avoir juste le temps de changer de quai à l’arrivée. Mais, bon, savoir que c’est possible, ç’est se donner l’illusion que les petites retraites sont vraiment prises en considération par les pouvoirs publics et ça, ça fait du bien.

- employer une aide ménagère « sociale », qui a reçu une formation spéciale pour récurer chez les seniors, les aînés, les personnes âgées, les petits vieux, les vieux schnocks comme moi. Parce que c’est fragile les vieux schnocks : il faut savoir comment les prendre, passer sur leurs petites manies, les écouter sans s’impatienter évoquer des souvenirs d’un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître, prendre des nouvelles de leur (toute) petite famille, compatir aux maux de l’âge et même les encourager à consulter si on ne leur trouve pas bonne mine ou observe des pertes de mémoire vraiment inquiétantes. C’est curieux, hier encore j’avais vingt ans, enfin trente, quarante peut-être… Vous êtes vraiment certain que j’en ai… combien au fait ? 

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12 juin 2017

Un bébé en nourrice

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Les Saints des Derniers Jours (et Jésus par la même occasion) devaient être avec moi car, sitôt dénichées sur le site Familysearch de leur Eglise les lieux et dates de décès de mes arrière-arrière-grands-parents, voilà-t-y pas qu’une nouvelle info s’affiche lorsque je tape pour la xième fois depuis trois ans le nom de mon arrière-grand-mère Augustine Elisa DELFOSSE : selon le recensement, en 1906 elle habite Anzin (Nord) avec sa fille Augusta et… Rodolphe ENGLEBERT, qualifié de « nourrisson, belge, deux ans, né à Bruxelles en 1904 ».

Là, comme ça, l’info peut paraître banale, éventuellement un peu curieuse, mais je peux vous dire qu’il s’agit en réalité d’un véritable coup de tonnerre. Car le petit Rodolphe n’a strictement aucun lien de sang avec mon arrière-grand-mère DELFOSSE, épouse MALVOISIN : il est le fils naturel de ma grand-tante Florence, sœur de mon grand-père Victor ENGLEBERT récemment marié à ma grand-mère Marthe MALVOISIN, l’une des cinq filles d’Augustine. Autrement dit, mon arrière-grand-mère française élève dans les corons d'Anzin le neveu de son beau-fils belge.

Je ne sais si vous suivez. C’est complexe. Inattendu. Surprenant. Et puis, réflexion faite, pas tant que cela, au fond ! Mon étude minutieuse du recensement de 1906 à Valenciennes (près de mille pages !!!) m’a déjà appris que la maman du bambin, Florence ENGLEBERT, y est à l’époque servante chez un avocat. C’est cela la véritable incongruité. Pourquoi ma grand-tante s’est-elle installée à Valenciennes ? Son frère, mon grand-père, y travaillait depuis quelques années comme représentant de commerce. Soit ! Mais elle ? Pourquoi l’a-t-elle rejoint ? Et puis, en relisant attentivement l’acte de mariage de mes grands-parents, je constate que la mère de mon grand-père (et donc de Florence) habitait également Valenciennes en 1904. Pourquoi ? Sans doute parce que, sans profession, c’est lui qui subvenait à ses besoins. J'imagine que, ayant accouché à Bruxelles de son petit garçon sans père, sa sœur Florence a ensuite rejoint son frère et sa mère dans le Nord de la France, mais que, lorsqu’il se marie, mon grand-père ne peut prendre en charge à la fois sa jeune épouse, sa mère, sa sœur et le bébé de celle-ci. Florence doit donc trouver du boulot. La voilà servante dans une bonne maison. Mais qui s’occupera du bébé ? J’ignore pourquoi ce n’est pas sa mère, ce qui eut été logique. Quoi qu’il en soit, le voilà confié à la belle-mère française de son oncle Victor. J’imagine que la jeune mère allait voir son fils à Anzin, banlieue minière proche de Valenciennes, durant ses rares jours de congé. Dure, dure, la vie des « filles mères » !

Combien de temps cet arrangement dura-t-il ? Impossible à dire. Je sais seulement que mes grands-parents (et mon arrière-grand-mère ENGLEBERT) étaient de retour à Liège en 1907, à la naissance de leur fille aînée. Florence les suivit-elle ? Je le suppose puisqu’elle ne tarderait pas à épouser un certain Joseph DELAHAUT, de Tilff, qui élèverait le petit Rodolphe comme son fils. L’histoire finit donc mieux qu'elle n'avait commencé.

05 juin 2017

Tristes destins

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La porte et le faubourg Fauroeulx (le Quesnoy)

Je l’ai déjà écrit : à force de déménager de villages en ville et de ville en villages, mes arrière-arrière-grands-parents ch’tis Emmanuel DELFOSSE et Clotilde DEHOVE m’auront donné bien du fil à retordre. Souvenez-vous : après être passés par Neuville-en-Avesnois où Marceline poussait son premier cri en 1856, par Preux-au-Bois où mon arrière-grand-mère Augustine était née en 1858, par Hecq où Domitien était né en 1860 et par le Quesnoy où Eugène avait vu le jour en 1865, je les avait laissés en 1886 à Walincourt, où Eugène décédait à vingt ans à peine en février et où Domitien se mariait en octobre. Les actes relatifs à ces deux événements m’avaient en outre permis d’établir que Clotilde y tenait un café. Ensuite ? Mystère. Emmanuel et Clotilde ne figurent pas au recensement de 1906 à Walincourt. Or, je n’y trouve le décès ni de l’un ni de l’autre entre 1886 et 1906. Donc, ils avaient déménagé une fois de plus. Oui, mais où ?

Je cherche dans les villages avoisinants. En vain. Habitent-ils avec l’une de leurs filles aînées, Marceline ou Augustine ? Peut-être, mais j’ignore ce qu’est devenue Marceline et, même si je la retrouve plus tard, j’ai perdu toute trace de mon aïeule à cette époque de sa vie : elle ne figure pas au recensement de 1906 à Valenciennes, où elle a pourtant habité au moins jusqu’en juillet 1904, lors du mariage de mes grands-parents.

Quand on tombe sur un tel nœud généalogique, mieux vaut ne pas insister. D’autres idées viendront ultérieurement et, qui sait, de nouveaux documents seront peut-être mis en ligne. De toute façon, pour d’évidentes raisons autrement plus contemporaines, je n’ai plus vraiment la tête à la généalogie depuis plusieurs mois.

Vient le jour où renaît l’envie de s’y mettre. Alors, je tapote sans réel espoir, sans but précis, les divers noms de mes ancêtres sur le site de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, autrement dit des Mormons, grands pourvoyeurs devant l’Eternel d’infos généalogiques gratuites. Et là, miracle ;-) ! Alors que j’ai déjà introduit à maintes reprises et sans résultat jusqu'ici le nom d’Elisa MALVOISIN, la sœur de ma grand-mère, dont je cherche depuis longtemps la date et le lieu de décès, voici qu’il s’affiche… accolé à celui de Clotilde DEHOVE. Stupeur ! Le document est un extrait du recensement de 1906 de Jolimetz, un village proche du Quesnoy. C’est la première fois que ce lieu apparaît dans ma généalogie.

Ce recensement m’apprend donc non seulement qu’Élisa vit à Jolimetz avec son mari, Jules RASET et leurs trois enfants, mais également que le couple accueille la grand-mère d’Elisa, Clotilde DEHOVE, désormais veuve. J’ai eu maintes occasion de m’en apercevoir : la solidarité familiale n’est jamais un vain mot chez mes ancêtres, quel que soit leur niveau social, quelle que soit leur branche !

Emmanuel, lui, est donc décédé avant 1906. Autres précisions : si l’aîné des enfants, prénommé Jules comme son père, est né à Valenciennes en 1901, les deux suivants, Eugène et Andrée, ont poussé leur premier cri au Quesnoy en 1903 et 1905, au faubourg Fauroeulx. De là à penser que leur arrière-grand-père ait pu y décéder, il n’y qu’un pas que je m’empresse de franchir en allant vérifier les décès du Quesnoy au début du vingtième siècle. Et là, bingo ! J’y trouve en effet mention de la mort d’Emmanuel DELFOSSE le 23 juin 1903 à ce même faubourg. Il y eu donc une époque, entre 1901 et 1903, où les deux grands-parents habitaient avec le jeune couple. Voici résolue la moitié du mystère. Reste à trouver la date du décès de Clotilde.

A Jolimetz ? Rien. Un nouveau déménagement sans doute. Où ? En retournant à tout hasard consulter les actes du Quesnoy, j’y trouve effectivement mention de son décès. Après un séjour de quelque années à Jolimetz dans la famille de sa petite-fille Elisa, Clotilde DEHOVE est donc finalement morte comme son mari au Quesnoy. Cela se passait le 14 février 1907. Contrairement à quantité d’autre actes, les témoins qui ont signalé le décès n’étaient en rien liés à mon arrière-arrière-grand-mère Clotilde, mais bien... le directeur et un membre du personnel de l’hospice.

Ainsi, finalement, c’est seule, loin de siens et sans doute dans un confort plus que relatif , que la septuagénaire a poussé son dernier soupir. J’en déduis qu’à ce moment, sa petite-fille, ma grand-tante Élisa MALVOISIN était décédée malgré son jeune âge. Je sais, en effet, de la voix même de ma grand-mère, que sa sœur aînée est morte pas même trentenaire après s’être jetée à l’eau pour sauver l’un de ses fils tombé dans une mare. Elle y aurait contracté une infection qui l’aurait tuée en quelques jours. Je pense que c’est ce drame qui a amené Jules RASET à confier la grand-mère maternelle de sa femme décédée à la charitable institution. Après tout, il devait s’occuper de trois enfants en bas âge.  Je n’ai toujours pas identifié le lieu et la date de l'incident qui causa la mort de ma grand-tante Élisa… mais son souvenir s’est transmis jusqu’à moi puisqu’il est mon second prénom, hérité de ma tante et marraine, qui le tenait elle-même de cette tante morte trop tôt, en ce début du vingtième siècle, à quelques mois du moment où elle-même voyait le jour.

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La chapelle de l'hospice du Quesnoy où mon arrière-arrière-grand-mère Clotidle DEHOVE mourut en 1907

08 mai 2017

La vie reprend ses droits

On ne pense pas à ces choses-là. Quand, voici bientôt 5 ans, j’entamais ce blog en l’intitulant « Journal d’une mamy-boomer », je n’imaginais pas un seul instant qu’il me faudrait un jour annoncer la maladie puis le décès de celui à qui j’avais dit oui quelque trente-huit ans auparavant. C’était idiot ! Nous étions déjà à cet âge où les corps commencent à montrer des signes de faiblesse, certes discrets et suffisamment mineurs encore pour ne pas alarmer, passagers même pour la plupart, mais pas moins réels pour autant.

J’aurais même dû d’autant mieux deviner que nous marchions vers l’ombre qu’à ce moment-là, il se remettait lentement de la chute qui lui avait fracassé l’humérus quelques mois auparavant et rendrait désormais certains mouvements définitivement douloureux. Rien à voir, me direz-vous ! C’était un accident, comme il peut en arriver à tout le monde. Je n’en suis pas aussi certaine que vous. Avec le recul, je pense que s’il était tombé aussi lourdement, sans le réflexe physique de se protéger le visage, le crâne et le haut du corps en portant les bras vers l’avant, c’est que déjà son organisme ne réagissait plus de façon totalement performante. L'automne dernier, au moment du terrifiant diagnostic de cancer, le médecin nous l’a dit d’ailleurs : « Une tumeur de cette taille ne date pas d’hier ». De quand ? Mystère, bien sûr. Quoi qu’il en soit, après sa chute et l'opération qui s'en suivit, il n’a plus jamais été vraiment comme avant et si, au terme d’une longue convalescence, il a semblé reprendre du poil de la bête, le temps que nous décidions de migrer à la campagne, de faire construire notre nouveau nid, d’accueillir Belle-Maman et de l’accompagner jusqu’à ses derniers jours, il aurait dû être clair depuis des mois que « quelque chose clochait ». Nous n’avons pas vu ou pas voulu voir, nous nous sommes rassurés en incriminant la fatigue suscitée par l’accompagnement de sa maman en fin de vie, nous nous sommes leurrés.

Non, je ne culpabilise pas. Car, finalement, cela aurait-il changé grand-chose de savoir plus tôt ? Pas vraiment, je pense, à part une angoisse plus précoce. Je n’accuse pas les médecins non plus, dont certains auraient sans doute pu tirer la sonnette d’alarme (beaucoup) plus tôt. J’essaie juste de ne pas penser aux trois dernières semaines, pour ne me souvenir que des moments heureux. J’y arrive généralement assez bien.

Voilà ! Je ne m’épancherai pas davantage ici. Ce week-end, c’était fête à l’école de Petit Loup. Il rayonnait en grand Sachem. La vie continue.  

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02 mai 2017

Des nouvelles de Lorraine

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Comme je l'écrivais en réponse à vos commentaires sous mon post précédent, Lorraine a passé hier une formidable après-midi en famille, durant laquelle, malgré la faiblesse et une perte conséquence de poids, nous l'avons retrouvée telle qu'en elle-même, pour la première fois depuis bien longtemps. Nous voici, elle et moi, avec Musette, son cobaye dont je prends soins depuis son hospitalisation en novembre dernier. Le petit bonhomme semble bel et bien l'avoir reconnue, car après quelques minutes dans ses bras, il s'est mis à "ronronner" de satisfaction à sa façon de cobaye. Un précieux moment de pur bonheur.

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13 février 2017

Trop tôt, trop vite...

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Nous avons dispersé ses cendres dans le jardin, près du saule qui pleure désormais son absence, face au paysage qu'il aimait tant. 

Il s'est pourtant battu jusqu'au bout, comme il l'avait promis, Les médecins, d'ailleurs, prédisaient non qu'il s'en sortirait, mais que nous aurions quelques mois, une année sans doute, et même qui sait un peu plus, pour partager encore et encore des moments précieux.

Profitant de la faiblesse induite par cette saleté de crabe, une septicémie en a décidé autrement. Quatre mois et demi à peine après le diagnostic, il s'en est allé au terme de plusieurs tentatives avortées de traitement et pas mal de péripéties, plus alarmantes les unes que les autres. Finalement, un dimanche de janvier, il a bien fallu se rendre à l'évidence et demander son transfert à "L'Aubépine", l'unité de soins palliatifs de l'hôpital de Libramont. Il y a passé dix jours, merveilleusement entouré par des médecins et infirmières que nous ne remercierons jamais assez pour leurs soins et leur attention chaleureuse à chacun, patients en fin de vie comme familles.

Le 3 février, bien que dans le coma depuis deux jours, notre malade a patiemment attendu que Grand Loup arrive de Bruxelles et que nous soyons tous les quatre réunis une dernière fois pour s'envoler vers l'au-delà. Depuis, nous restons là, démunis, désemparés, blessés au plus profond de nos êtres, mais apaisés car ses derniers jours furent sereins et nombreux les hommages à l'homme sensible et au journaliste rigoureux qu'il fut.

Maintenant, il reste à (sur)vivre.

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23 décembre 2016

Trêve de Noël

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Noël, temps de trêve. Laissez-moi rire. Même si les quartiers est d’Alep ont enfin été évacués, la guerre continue, en Syrie comme ailleurs et des familles entières connaissent le chagrin des deuils, la douleur, la faim et la peur, l’angoisse de l’avenir.

Noël, temps de paix. Laissez-moi ricaner. Un tueur fanatisé a choisi cette période, ce symbole, pour assouvir ses rêves autodestructeurs dans un carnage de sang, fauchant à l’aveuglette des femmes, des enfants, des pères, venus sur un marché de Noël s’emplir les yeux d’une pincée de magie dans un monde désespéré.

Noël, temps d’espoir, bien sûr. Parce qu’il faut bien continuer, jour après jour, à croire à la lumière.

Noël, temps de fête ? Sans doute. Pour tous ceux qui possèdent l’insouciance, même s’ils se font de jour en jour plus rares. Aussi, je leur souhaite de la conserver longtemps encore.

Noël, temps de retrouvailles. Là, oui, je me retrouve, en effet. Se rassembler pour célébrer l’amour, l’amitié, la fraternité, à l’heure où l’horizon semble définitivement assombri. Se réunir pour se dire qu’on est là, dans l’adversité peut-être, mais là quand même, les uns pour les autres. Et qu’on tiendra, vaille que vaille, parce qu’on s’aime.

Noël, temps des vœux. Que dire, sinon soyez heureux ? Et puis, ayez conscience d'être heureux. Après, il est trop tard.

Joyeux Noël à tous !

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26 novembre 2016

Avis de tempête

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P1080791Notre famille ressemble, pour l'instant, à un frêle esquif balloté par des vents contraires. Le tourbillon des vies qui luttent pour surnager aux naufrages m'êmpêche momentanément d'être présente en ces lieux amicaux. Pour Lorraine, pour Papiloup, le bout du voyage se profile à un horizon indéfini. C'est tous ensemble que nous tenons le cap, mais nous ne savons pas de quoi les semaines et les mois à venir seront faits. Il nous faut être attentifs les uns aux autres et aussi présents que possible aux deux malades. Je ne pourrai donc pas répondre personnellement à toutes les marques de sympathie que, je le sais, vous m'adresserez. Merci de le comprendre, mais lorsque je le pourrai, je ne manquerai pas de vous faire un petit signe et de vous donner des nouvelles, sans entrer bien sûr dans des détails trop scientifiques ou personnels. Merci d'être vous, merci d'être là et à bientôt.

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30 octobre 2016

Cela se passe ici

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Vendredi, j'ai mené ce qui sera sans doute la dernière interwiew de ma carrière. Je termine en beauté : mon interlocuteur était un député européen que des études fort sérieuses placent dans le top 20 des eurodéputés les plus influents. Un agenda involontaire a voulu que cette rencontre au Parlement européen ait lieu le jour même où le Parlement wallon donnait enfin son feu vert à la signature du fameux CETA, ce traité économique entre le Canada et l'Union européenne, qui a fait couler tellement d'encre ces jours derniers et nous a permis de jouer, pour une fois sur la scène internationale, l'un de ces psychodrames belgo-belges dont nous avons le secret. Mais nous n'étions pas là pour parler CETA. De notre rencontre, qui portait sur les préoccupations sociales de l'Europe, je retiendrai notamment que mon hôte a conclu : "Ce n'est pas parce que beaucoup de gens un peu partout en Europe ne sont plus fédéralistes européens aujourd'hui que je vais cesser d'être fédéraliste européen. S'ils redeviennent nationalistes, je ne vais pas devenir nationaliste. Je sais ce que c'est le nationalisme. Mon village a été détruit et ma famille décimée durant la bataille des Ardennes en décembre 1944". Il n'a pas évoqué son père, fusillé par des troupes irrégulières de l'armée allemande.

Je ne voulais pas spécialement vous parler politique, internationale ou autre, mais beaucoup plus simplement évoquer quelques lieux de la capitale européenne où se prennent des décisions qui ont pas mal d'impact sur nos vie quotidiennes. Un quartier aux bâtiments gigantesques, d'un futurisme totalement dépassé, plus ou moins esthétiques et globalement très froids, que j'ai peu fréquenté et que je (re)découvrais l'autre jour avec un oeil presque neuf depuis que nous nous sommes retirés dans la campagne paisible du beau pays de Famenne. Des lieux hyper-sécurisés, cela va de soi, mais aussi presque désertés en cette fin de semaine, veille du congé de Toussaint. 

Bon, voilà ! Je ne sais pas ce que vous en pensez mais quand au JT le présentateur dit "Bruxelles impose ceci" ou "La décision de Bruxelles suscite des réactions diverses", c'est de ce quartier-ci qu'il parle. C'est ici qu'une part importante de notre histoire s'écrit. Tiens, pour le moment, très précisément, le premier ministre canadien Justin Trudeau est accueilli à la Commission européenne pour la fameuse signature. L'Europe n'est pas facile à construire, c'est certain, mais je reste fondamentalement convaincue qu'elle est essentielle pour l'avenir de nos enfants et petits-enfants.

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Quasi désertée en cette veille de congé, la vaste esplanade devant le Parlement européen

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Outre les innombrables contrôles à l'intérieur, l'extérieur n'a pas fini de voir déambuler les militaires

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Le fameux "Caprice des dieux"

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 Les institutions européennes méritaient bien une gare en totale harmonie avec leur environnement architectura

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Et, un peu plus loin, un peu plus ancien, le siège de la Commission

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Le même de nuit

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Enfin chez soi !