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« Et si on essayait le bonheur ? », écrivais-je ici-même, il n’y a pas si longtemps - Enfin si, il y a pas mal de temps ! - Je m’y emploie chaque jour et, ma foi, jusqu’ici, ça ne me réussit pas trop mal. 

Cet été a été riche en activités passionnantes : quatre jours en Alsace avec Petit Loup, Louve Chérie et ses (deux) chiens, deux spectacles en plein air et non des moindres (« Cyrano de Bergerac » et « My fair Lady » époustouflants !), une semaine en Loire Atlantique à la découverte de Nantes et sa région avec Grand et Petit Loup, trois jours à Paris à la découverte de l’expo Toutankhamon, du Musée d’Orsay et de la Grande Galerie de l’Evolution au Jardin des Plantes, des retrouvailles réjouissantes avec des copines d’école… plus de cinquante ans plus tard. J’en passe. 

Il y a aussi, pour cette rentrée, le déménagement programmé de Petit Loup et, du coup, sa rentrée dans une toute nouvelle, toute petite école de village ouverte sur la nature. Une pédagogie qui devrait lui convenir ! 

Bref, les choses bougent et plutôt en bien. Or, si je n’essayais pas moi-même de secouer la mélancolie qui m’accable encore trop souvent, d’autres, en particulier magazines et publicitaires, s’en chargent pour moi en me bombardant de conseils qu’ils pensent adaptés à mon âge et à ma situation. 

Parmi les propositions réservées à la vieille bique que je suis : investir dans une résidence service pour seniors, me shooter à la DHEA, souscrire une assurance « funérailles » et faire mon testament. Merci bien ! Plus sympa : visiter le Pays du Matin calme (la Corée du Sud), acquérir une résidence secondaire ou m’adonner au Tai Chi Chuan. Et les arguments développés pour me convaincre ne manquent pas : il s’agit tantôt d’engranger des bénéfices sur les plans cardiovasculaire, respiratoire et osseux, parfois de retrouver des fonctions sexuelles (?) et cognitives améliorées, souvent de préserver voire de maximaliser mon patrimoine, toujours de profiter pleinement du temps qu’il nous reste à vivre, nous les papy-boomers du vingt-et-unième siècle. 

C’est moi ou eux ? Je ne me reconnais absolument pas dans les fringants sexagénaires à somptueuse chevelure de neige qui virevoltent les yeux dans les yeux sur fond de mer azur. Je n’en ai ni l’allure ni l'envie ni les moyens financiers. Mon bonheur à moi, je le bricole au jour le jour avec ce que j’ai : ma famille, mes amis, des échanges profonds ou futiles mais revigorants ; mon jardin, bien sûr, et le paysage peuplé de chevaux qui ondule depuis ma cuisine jusqu’à la colline voisine ; sans oublier mes lectures, des spectacles, quelques séries TV drôlement addictives parce que drôlement bien fichues ; enfin mes recherches généalogiques qui m’ont offert quelques beaux moments de partage avec mes cousines au printemps dernier dans la cité de nos ancêtres. 

Bref, la vie reprend ses droits dans mon existence quotidienne comme dans mon cœur.