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Donc, le Quesnoy, bourgade du Nord fortifiée par Vauban. Ma grand-mère maternelle y est née le 18 octobre 1884. Je sais même dans quelle rue.

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Mais l'officier de l'état-civil n'a pas jugé bon de préciser le numéro. Dès lors, est-ce ici...

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... ou là ? Allez savoir. 

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Ce qui est certain, c'est que la sage-femme qui accouche sa mère, n'a pas à aller loin pour déclarer la nouvelle-née : la rue Théau jouxte la mairie, flanquée de son beffroi.

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Car, eh oui, c'est la sage-femme qui déclare la naissance, le père étant absent... et domicilié à Cambrai.

Le bruit courait dans la famille que, malgré l'état-civil qui leur attribuait le même nom de famille, ma grand-mère et les deux soeurs qui allaient la suivre n'étaient pas du même père que les deux aînées. Je pense en avoir ici confirmation : les deux premières sont nées à Cambrai, ville natale de leur père, où il vivra jusqu'à sa mort en 1907. Les trois suivantes voient le jour au Quesnoy, père absent. 

Par ailleurs, ma grand-mère - qui a toujours été extrêmement discrète sur cette partie de son histoire - disait son père sabotier, donc absent près de six mois par an pour exercer son métier dans la forêt. L'acte de naissance des cinq filles le dit "tisseur", c'est-à-dire ouvrier dans l'industrie textile à Cambrai. Nouvelle preuve que celui-ci n'est pas le géniteur des trois cadettes. Cela signifie-t-il que leur véritable père était effectivement sabotier... comme leur grand-père ? Dans ce cas, il serait sans doute originaire de l'un des villages bordant la forêt de Mormal, où leur mère, née en 1858 à Preux-au-Bois, passa son enfance. N'était-il pas, d'ailleurs, un amour de jeunesse retrouvé ? Le saurons-nous jamais ? 

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Si la mairie est à deux pas de la rue Téhau, l'église Notre-Dame de l'Assomption aussi. Les trois dernières filles y furent-elles baptisées ? Je dois encore le vérifier.

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Il y a quelque chose d'émouvant dans l'idée que ma grand-mère et ses soeurs ont foulé les pavés de cette place où sans doute leur mère se rendait au marché, que leurs yeux ont vu ces portes de briques et ces murailles, ces  clochers et ces ponts. 

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Je ne peux m'empêcher aussi de me demander comment les habitants de la petite ville considéraient cette femme sans homme chargée de filles qu'elle faisait vivre grâce à son métier de couturière ? Et pourquoi, un jour, après avoir quitté Cambrai pour le Quesnoy, quitta-t-elle le Quesnoy pour Valenciennes ? Encore des questions qui resteront sans réponse.

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Ma grand-mère vécut au moins ses quatre premières années au Quesnoy puisque sa mère y accoucha de sa dernière fille en décembre 1887, mais j'ignore le temps exact qu'elle y passa, ni si c'est dans cette ville ou à Valenciennes qu'elle fréquenta l'école.