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C’est une petite école de campagne : dix-neuf élèves de 3 à 12 ans. Dix-neuf qui espèrent être vingt à la rentrée 2016 pour ne pas voir disparaître leur petite école, comme l’exigent les normes. Ce serait dommage, avouez ! Une école de village où tout le monde se connaît, où les institutrices de primaire donnent cours dans une classe unique, ce qui fait beaucoup de travail mais aussi beaucoup d’entraide et d’entraînement mutuel. Une école comme, je pense, on en aimerait tous pour nos enfants.

Or, hier soir, les dix-neuf sont venus chanter Noël sur la place du village. Des chants « païens », parce que c’est une école communale, mais qu’ils ont chanté devant la crèche installée dans l’ancien lavoir et qui alternaient avec les chants religieux de la chorale paroissiale. Alors, après que les plus jeunes aient invité le père Noël à passer par la cheminée, quand les adultes ont entonné « Les anges de nos campagnes » dans la nuit trop douce de décembre, il m’a vraiment semblé être soudain transportée dans les collines de Palestine voici quelque deux mille ans, parmi la foule des petits et des humbles venus accueillir l’Enfant, symbole de Lumière et d’Espoir. « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » murmuraient les cœurs de chacun et je me suis dit que la Palestine et ce monde, en effet, avaient encore, toujours, définitivement besoin de cette paix qui régnait ce soir-là entre les habitants du village, chrétiens ou non, qui chantaient sous la lune.

L’heure était douce. Hélas éphémère, je le savais.

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