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Ainsi, lentement, sûrement, des liens se tissent, recomposent des filiations et des fratries. Donc je remonte. Sur base des index à dix ans des registre de l’Etat-civil d’abord, ceux des paroisses avant 1789 - une rubrique « Liège, toutes les paroisses » se révèle particulièrement pratique - je dresse les listes des ENGLEBERT nés, mariés et décédés à Liège. Nous sommes en présence de familles prolifiques. Elle sont donc - très - longues.

La première naissance d’un ENGLEBERT mentionnée à Liège remonte, en effet, au 26 janvier 1576. C’est un petit garçon. Il se prénomme Walther Léonard. Un prénom germanique – tiens tiens ! - un autre très local puisque Saint-Léonard donne aujourd’hui encore son nom à un quartier de Liège, sur la rive gauche de la Meuse, au nord du quartier Féronstrée et Hors-Château. J’ai les prénoms du père de Walther, Bartholomé Albert, et celui de sa mère, Marie. En ces temps reculés, le curé semble rarement juger nécessaire de préciser le nom de famille des femmes qui n’ont de fonction sociale qu’en tant qu’épouse et mère, même s’il est plus que vraisemblable qu’elle travaille dur à quelque métier manuel. Assez curieusement, l’acte mentionne également un oncle prénommé… Englebert ENGLEBERT et, parce qu’ils sont vraisemblablement ses parrain et marraine, les noms des grands-parents de Walther, Lambert ENGLEBERT et Anne ANCION. Ceux-ci sont sans doute nés vers 1530.

Malheureusement, je ne suis pas parvenue à relier Walther Léonard ENGLEBERT avec le premier ancêtre certain de notre lignée : Eustache ENGLEBERT qui épouse Anne LIBERT vers 1648. Entre lui et Eustache, d’ailleurs, naissent deux Jean, un Henri un Nicolas, un Jacques et un autre Eustache, sans que je parvienne à déterminer avec précision à quelles dates, car ce sont les actes de naissance de leurs enfants qui m’informent de leur existence au moment où ils deviennent pères. Je connais donc également le prénom (et parfois le nom) de leurs épouses, qui me permettent de dresser des tableaux dans lesquels je piste les relations familiales.

Se dessinent ainsi des branches, apparemment indépendantes les unes des autres et dont je ne suis pas certaine du tout qu’elles le soient toutes. Ainsi, par exemple, suis-je à peu près persuadée que Mathieu ENGLEBERT, né vers 1615 et marié à Suzanne BELLE (ou BOL) est le frère de Robert ENGLEBERT, né en 1630 et marié à Sainte HOUSE. Mathieu est, en effet, le parrain de Marie, fille de Robert, qui a pour marraine Marie LABART, également marraine de Jacques, son propre fils. Si tel est bien le cas, Mathieu est, comme Robert, fils de Jean ENGLEBERT et de Marie LAIRESSE, elle même veuve de Nicolas... ENGLEBERT. Frère de Jean ? Et j’ai déjà noté ici le casse-tête posé par les innombrables Jean et Eustache ENGLEBERT vivant à Liège au début du XVIIe siècle, alors que les actes ne sont pas vraiment précis.

Pour confirmer certaines de mes hypothèses, il me faudrait disposer des actes de naissance de ces premiers ENGLEBERT liégeois. Or, s’ils n’apparaissent pas dans les registres disponibles est-ce que ceux-ci sont incomplets ou qu’il faudrait chercher ailleurs, dans une ville ou un village voisin ? Dans ce cas, lequel ?

Pour en avoir le cœur net, j’ai exploré quelques localités aux alentours de Liège et débusqué à la même époque un « nid » d’ENGLEBERT à Herve, bien connue chez nous pour son fromage « puant ». Hélas, là encore, je n’ai pas réussi à établir de lien entre « mes » ENGLEBERT et ceux-là, dont là encore j’ai pourtant l’intuition très nette qu’ils sont liés. Je ne désespère cependant pas d’y parvenir un jour. En attendant, l’histoire familiale débute pour moi avec certitude quand Anne ENGLEBERT est baptisée à Liège, dans la petite église Notre-Dame-aux-Fonds qui jouxte la cathédrale Saint-Lambert, le 14 novembre 1649. Son père s’appelle Eustache ENGLEBERT et sa maman Anne LIBERT. Ils pourraient être nés aux alentours de 1625. Où ? Mystère !