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Dès ma première visite aux Archives de l’Etat à Liège, j’ajoute aux informations dont je dispose déjà les noms et prénoms de mes arrière-arrière-grands-parents Jean Simon ENGLEBERT et Elisabeth UZANAUZ, leurs dates de naissance et de mariage. Rentrée chez moi, je n’éprouve donc pas de difficulté majeure à remonter le fil générationnel à l’aide du moteur de recherche des archives en ligne, malgré quelques errances orthographiques qui affublent mes plus lointains ancêtres de noms aussi fantaisistes que ENGLEBERTI, ENGILBERT, ENGLIBERT, ENGHELBERT voire ENGELBERGH.

Il faut rendre hommage, à ce propos, à tous ces généalogistes du XIXe siècle qui ont patiemment dressé les index à dix ans des registres paroissiaux belges des siècles précédents avec cette belle écriture ronde, lisible, tout en pleins et déliés, caractéristique de l’époque, qui facilite grandement les recherches. Car les actes eux-mêmes sont souvent rédigés d’une écriture nettement moins lisible voire carrément indéchiffrable pour la néophyte que je suis. Reconnaître « Eustache ENGLEBERT » dans le gribouillis vers lequel m’a mené l’index relève du miracle… ou de l’expérience. Les généalogistes chargés de ces relevés n’en manquaient assurément pas. Car le temps a fait son œuvre, le papier s’est altéré, altérant les mentions. Il est clair, en outre, que les prêtres qui les rédigent ne possèdent pas tous la même instruction ni le même souci de clarté. Des actes, des dates, des noms, se chevauchent dans un embrouillamini où le curé lui-même aurait bien du mal à retrouver ses ouailles et le généalogiste en herbe ses ancêtres. Mais, quelquefois - rarement - miracle, on tombe sur un lettré, clair, minutieux, ordonné qui nous informe en latin mais d’une belle écriture ancienne que Catherine, fille d’ENGLEBERT de Stavelot[1] et de Jeanne, son épouse, de la paroisse Sainte-Madeleine, a été baptisée le 18 décembre 1593, en l’église Notre-Dames-aux-Fonts. Son parrain est Jacques Le Parmentier  et sa marraine Véronique Wertea.

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Mais l’écriture de ces saints hommes n’est pas le moindre des écueils. Il faut encore se familiariser avec les abréviations, ne pas confondre les mois sur base de notre numérotation actuelle (7bris signifie Septembre, 9bris se lit Novembre, Xbris = Décembre), noter très précisément les références des actes car l’impossibilité de les imprimer – contrairement aux archives françaises – implique de pouvoir les retrouver aisément sur écran lorsqu’on souhaite y revenir pour une raison ou une autre : une adresse, un témoin, un parrain…

C’est là une des grandes lacunes du système ! Car, bien souvent, dans le feu de la découverte, par impatience, fatigue visuelle ou manuelle, j’omets de noter l’un ou l’autre détail, en particulier la page du microfilm qui me permettra de revenir à l’acte ultérieurement. Il faut alors refaire tout le fastidieux chemin de la liste des provinces, arrondissements, communes et paroisses à l’acte numérisé, en passant par le type d’acte recherché, la période visée, les années, les dates, les pages… et comme Liège est une ville importante, les habitants, donc les mariages, naissances et décès, se comptent par milliers.

Néanmoins, je progresse.


[1] Je n’ai pas établi de lien avec cette Catherine. Il est vraisemblable qu’Englebert soit ici un prénom et non le nom de famille. “de Stavelot” indiquerait l’origine de la famille et pourrait s’être mué ensuite en nom de famille.