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Parce que mon oncle et ma tante possédaient une maison de campagne dans le Namurois et que j’y ai séjourné bien souvent, depuis toujours la Meuse est mon fleuve. Je sais ses cinquante nuances de gris sous nos ciels nordiques, mais aussi l’onde azurée quand le vent est au sud et les vagues émeraude à l’ombre des grands arbres. J’ai vogué sur ses flots et mille fois arpenté ses berges sauvages. J’y ai nagé, j’y ai plongé et même un peu pêché. Les péniches allaient, nombreuses, paisibles, emmenant leur chargement vers des ports lointains et nous les regardions passer. C’était le temps du passeur d’eau. Nous le hélions d’une berge à l’autre. Pour trois sous, il nous faisait traverser le fleuve à la force des rames et je sens encore le tangage de la barque au franchissement des sillons laissés par les bateaux. Nous apprenions tôt à nager et à avoir le pied marin.

La Meuse, je la retrouve aujourd’hui à Liège. Moins bucolique, citadine, aussi majestueuse que dans mes souvenirs d’enfance. Nul besoin de passeur d’eau : ici, les ponts sont nombreux. Qu’elle fut aussi le fleuve de mes ancêtres, je n’y avais jamais songé jusqu’ici. Je sais désormais que non seulement ils ont vécu sur ses berges, mais qu’elle leur fut nourricière puisqu’elle servit leur profession de tanneurs. Je sais, je sens, qu’il l’ont observée, admirée, aimée, crainte aussi parfois, comme je ne me lasse pas de l’observer, de l’admirer. Et de l’aimer.

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