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Avec ses 34°, la journée d’hier fut paraît-il la plus chaude depuis 1833 (ou 23, je ne sais plus). Ce ne fut cependant pas la plus oppressante, me semble-t-il. D’ailleurs elle n’a pas fini en orages mais par une soirée d’été comme on en connaît trop peu sous nos latitudes : douce à souhait, invitant au rêve ou à la flânerie ou à l’amour ou à toutes ces choses qui font le sel de l’existence. Perso, j’en ai agréablement profité puisque mon amie C. m’avait offert, pour mon récent anniversaire, une invitation au spectacle qui se donne actuellement dans les ruines de l’abbaye de Villers-la-Ville. Et pas n’importe quel spectacle ! Rien moins que le chef d’œuvre de Mary Shelley qui pose son éternel questionnement sur la vie, sur la mort, le pouvoir de l’homme de donner l’une, de reprendre l’autre (à moins que ce ne soit l’inverse ?) : Frankenstein.

Les étés et les spectacles se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a deux ans déjà, C. m’avait invitée à une représentation du « Nom de la Rose » d’Umberto Ecco et si cela avait été un régal pour les yeux et l’esprit, tant ces ruines ont le pouvoir de parer les beaux textes épiques d’atours visuels à leurs mesures, j’avais dû, pour m’y rendre, enfiler chaussettes et pull de laine, petit Damart, veste d’hiver et chapeau de pluie à larges bords. Rien de tel, hier soir, par contre. Sandales et t-shirt faisaient largement l’affaire et il eut même été possible de se passer de la petite laine enfilée dans le dernier quart d’heure.

C’est dire le plaisir pris à cette soirée baroque à souhait, pleine de souffrances et de vociférations, d’ambitions démesurées et d’espoirs déçus, d’angoisses et de désespoirs. Trois lieux différents de l’abbaye en ruines accueillaient les spectateurs, trois lieux magiques, subtilement choisis, dont je retiens surtout l’église abbatiale, ses hauts murs écroulés, ses colonnes et rosaces à ciel ouvert, nimbant la naissance du monstre d’une aura d’irréalité des plus à propos.  

Texte profond, belle prestation d’acteurs, mise en scène et en lumières grandiose : que demander de plus pour un spectacle d’été ?  

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La nuit n'est pas encore tombée quand nous arrivons...

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... mais bien à la fin du premier acte

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Les ruines transfigurées

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L'apothéose : la création du monstre !

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Entracte dans le cloître

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Complètement ratée (je ne maîtrise pas encore mon nouvel appareil photo), mais ce curieux embrasement colle bien à l'esprit de la soirée et des lieux

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Retrouvailles avec un gisant : il était le sujet de ma toute première photo, il y a... cinquante ans

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Final : les comédiens viennent saluer. Bravo !