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 Mes grands-parents maternels et leurs trois premiers enfants, il y a près de cent ans

J’ai récemment dépassé le millième membre sur mon arbre généalogique. Par « membre », je n’entends pas seulement « ancêtre », mais également tous les oncles, tantes, cousins, cousines et autres collatéraux ainsi que leurs conjoints et descendants. Cela fait pas mal de monde ! Aussi me suis-je dit que c’était peut-être l’occasion de dresser un petit bilan chiffré de mes recherches, avec quelques nombres extrêmes ou interpelants.

Alors voilà : l’ancêtre le plus lointain que je me suis trouvé du côté paternel grâce à un arrière-arrière-arrière-cousin historien s’est marié en mars 1634. Je connais les noms de ses parents et grands-parents, dont on peut supposer qu’ils sont nés aux alentours de 1550-1560. Autrement dit, à peu près au moment de la mort de Charles Quint (1557) ! Waow ! Cela fait tout de suite venir à l’esprit des images  hautes en couleurs de cour fastueuse et de joyeuse entrée à Bruxelles, comme on peut en admirer chaque année sur la Grand-Place lors des sorties de l’Ommegang. Les jeunes mariés de 1634, eux, sont nés à la grande époque de Rubens (1577-1640), même si je doute que dans leur petit village de west-Flandre, ils aient jamais entendu parler du peintre baroque anversois. Tout comme leurs enfants n’ont sans doute même pas ouï le nom de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622-1673) qui brille de tous ses feux à la cour de Versailles pendant qu’ils grandissent en bord de Lys.

A l’autre extrémité, le descendant le plus jeune de mes grands-parents maternels, lui, est une descendante, née en 2012. J’ignore son nom et son prénom. Elle a détrôné Petit-Loup, qui reste par contre le plus jeune descendant à ce jour de mes grands-parents paternels. Pour combien de temps ? Si je compare la descendance de ces deux couples qui me sont proches, d’autres chiffres ne manquent pas de me frapper : alors que René et Marie n’ont plus actuellement que 6 descendants directs en vie, Victor et Marthe en ont 27.

Si je me focalise sur les mariages des générations précédentes, j’observe que l’âge moyen des jeunes époux tourne autour de 22-23 ans, la femme est généralement plus jeune que son mari mais pas toujours. La mariée la plus précoce : Marie. Elle a… 15 ans. Son jeune mari de 22 ans meurt l'année suivante. Elle se retrouve veuve à 16 ans. Le marié le plus tardif : Lamoral. Il a 62 ans. L’écart le plus important entre des époux : Simon, 58 ans épouse Marie Magdeleine âgée de… 19. Il n’est pas interdit de penser que, ce faisant, il la sort d’un « mauvais pas » ! En sens inverse, quand Guillaume épouse Marie Josèphe, il a 25 ans, elle 40 !

Les remariages sont fréquents parce que les veuvages le sont. Les femmes mourant presque toujours en premier à l’époque, ce sont les hommes qui se remarient le plus. Le veuvage le plus rapide : celui de mon arrière-grand-père maternel Jean Simon dont la deuxième épouse décède deux mois à peine après son mariage. Il s’est marié trois fois. Comme mon arrière-grand-père paternel et l’un de mes cousins germains. Mais le record est battu par l’arrière-grand-père de l’Homme : quatre mariages dans la première moitié du vingtième siècle.

L’importance de la progéniture avant 1900 impressionne. Avec treize enfants connus, mes arrière-grands-parents paternels détiennent le record actuel, mais il n’est pas interdit de penser qu’en complétant mon arbre j’en découvrirai de plus prolifiques encore !

On le voit : les chiffres en racontent davantage qu’on pourrait le penser de prime abord. Ils permettent d’approcher la mode, l’histoire, les mœurs d’une époque, ils donnent une vie, imprécise peut-être mais imagée, à des noms qui sinon resteraient abstraits. Ils participent réellement à la mémoire familiale et à la compréhension des temps qui nous ont précédées.