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Ce bel escalator Art Nouveau de la gare de Bruxelles Central n'est aucunement représentatif des accès aux transports souterrains bruxellois

Tout compte fait, je ne rigole peut-être pas autant que je l’écris dans mon précédent billet. Car si nos trois dernières expéditions bruxelloises se sont soldées par des mésaventures plus ou moins graves (une triple fracture de l’humérus pour l’homme, une sale foulure de la cheville et une tentative de vol pour moi), ce n’est peut-être pas un hasard. A chaque fois, la frénésie de la ville était cause de l’incident : une voiture qui fonce dans une ruelle du centre-ville, des travaux, une foule pressée, indifférente…

Son inadaptation aux personnes qui ne sont plus ni très jeunes ni très mobiles n’est pas moins criante. Ma récente expédition dans le sous-sol bruxellois me l’a prouvé. Comme une cousine de Maman se désolait de la voir prochainement s’éloigner de la capitale, nous avions un moment pensé qu’elle pourrait, à l’occasion, venir en train jusque chez nous et que nous l’amènerions en voiture jusqu’à Rochefort pour y passer la journée. Las ! Pour avoir testé les escaliers de Bruxelles-Schuman, la gare toute proche de chez elle, c’est, je l’affirme, mission impossible pour une (petite) dame de 80 ans. Sans parler de la hauteur des marche-pieds ni de l’espace qui les sépare du quai, encore accru par la légère courbe de la voie. Et je n’imagine même pas sa panique face au fameux distributeur de tickets : tourner, pousser, tourner, pousser, enfourner la carte, etc.

La ville d’aujourd’hui gronde, grouille, vibre, bosse, de plus en plus, de plus en plus vite. Les Parisiens nous envient cette capitale qu’une attachée de presse française, un jour, il y a longtemps, m’avait qualifiée de « charmante petite ville de province ». Le ferait-elle encore aujourd’hui ? Je n’en suis pas certaine. Mais peut-être est-ce moi qui vieillis ?

Quoi qu’il en soit, je me réjouis d’avoir opté, il y a quinze ans, pour une commune du Brabant wallon où, malgré la circulation croissante sur notre chaussée, la vie nous semble bien plus conviviale, tellement plus paisible. Et je comprends Louve Chérie et son loup à elle qui ont carrément fait le choix de la campagne profonde, la vraie, celle qui s’enivre de la beauté de la vallée, du chant des oiseaux et du clapotis de la rivière, même au prix de longs, très longs trajets en train.

Mais, de toute façon, c’est terminé : Louve Chérie s’est fait virer.