Et le silence a enrobé la maison. Les roues du rolator ne grincent plus entre la chambre et la cuisine. Le carillon ne résonne plus aux allées et venues des innombrables soignants qui prenaient soin de son corps déclinant. Le téléphone ne sonne plus, la télévision s’est tue et sa voix si fluette, presque un murmure, ne réclame plus ce petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles et qu’elle chantait autrefois en s’accompagnant au piano. 

Parce qu’elle refusait obstinément la maison de repos, nous nous sommes occupés de Belle Maman jusqu’à l’extrême limite de nos forces et des siennes. Finalement, il a bien fallu partir pour l’hôpital. Dans l’unité de soins palliatifs qu’il l’a accueillie, elle aura vécu moins de quatre jours.

Après des semaines sous tension, nous voilà donc en phase d’atterrissage dans un état d’épuisement physique et moral que nous n’imaginions pas. Il va falloir penser à nous maintenant. Ceux qui nous aiment le disent et le répètent. Et, même si nous avons déjà pris nos vacances en mai, pourquoi ne pas partir encore quelques jours, n’importe où, ailleurs, histoire de changer d’air et d'horizon ? Je ne suis pas sûre que notre agenda le permettra. Pas sûre non plus d’être très présente ici. Se remettre en marche, se reconstruire, il le faut. J’y veille. 

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Se remettre en marche