Lui jeter la pierre, à mon Mac, reviendrait à le traiter tels ces messagers de mauvaises nouvelles que les despotes d’autrefois faisaient exécuter. Car, en l’occurrence, il n’est en rien responsable de l’imbroglio informatique qui me prive actuellement et de ma commande et du paiement de celle-ci. Mais s’il n’avait été là, omniprésent, faussement serviable, j’aurais passé ladite commande par courrier non par Internet. Et puis, si ce n’est lui le coupable c’est donc son frère, autrement dit toute la confrérie Web 2.0 qui me fait régulièrement grincer des dents. Cette fois encore.

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Donc, il y a quelques semaines, c’est le mois du Blanc, m’informe un catalogue (papier) des « 3 Suisses » à qui ne n’ai rien commandé depuis des lustres. Les réductions sont alléchantes.

Ca tombe bien ! J’ai justement besoin de quelques draps-housses, les miens présentant d’incontestables usures. Je pense plus facile, plus rapide, plus économique, de passer ma commande par Internet. Je me crée donc un compte en ligne, en précisant mes noms et adresses avant de commander et de payer par carte de crédit.

Mal m’en prend ! Le lendemain, relisant attentivement le message de confirmation, je constate que « Les 3 Suisses » vont envoyer mon colis à l’adresse de Molenbeek (Oui, vous avez bien lu !) à laquelle nous n’habitons plus depuis… dix-huit ans. Soit à une époque où Internet balbutiait, l’e-commerce plus encore et où il n’est donc même pas certain que le site des « 3 Suisses » ait été créé.

« Chapeau ! » pour la mémoire d’éléphant.

« Zéro ! » pour le système informatique puisque j’ai moi-même encodé mon adresse actuelle en créant mon compte.

Pas grave ! J’appelle le service clientèle. 0,3 €/minute. Bon, je vais faire vite.

La « conseillère » m’explique que le colis est parti et que la seule façon d’arranger le problème est d’annuler la commande pour la repasser ensuite avec les bonnes coordonnées dont elle prend note pour modifier mon profil en direct. Je lui fais remarquer que je risque de payer deux fois pour une seule livraison. Elle me suggère d’attendre l’annulation du paiement avant de recommander. Je lui signale qu’à ce moment les réductions n’auront sans doute plus cours. Elle balaie ma remarque d’un « C’est possible, mais je ne peux pas faire autrement. Repassez commande maintenant pour être sûre ».

Etre sûre de quoi, exactement ? Méfiante, je renonce à mes draps en attendant l'annulation du paiement ou son remboursement sur le compte lié à la carte de crédit.

Trois semaines passent. Rien à l’horizon. Mon « achat » figure sur le relevé de ma carte de crédit. Les réductions n’ont plus cours.

J’appelle le service clientèle. 0,3 €/la minute. Surtout, faire vite. Rester polie.

Le « conseiller » vérifie mon profil. L’adresse indiquée me domicilie à… Molenbeek. Il va la modifier. Je lui ressert ma mésaventure. Il confirme l’annulation de ma commande, assure que le remboursement va me parvenir. Je lui confirme que je l’espère.

Trois nouvelles semaines s’écoulent. En vain. La moutarde me monte au nez.

Le service clientèle. 0,3 €/la minute. Comment faire vite ? Et poliment ?

Le « conseiller » vérifie mon profil. Nous progressons : l’adresse est correcte. Nous reculons : mon interlocuteur prétend que le montant de ma commande a été annulé et qu’il n’y a pas lieu à remboursement puisque que je n’ai jamais payé.

Rester polie.

Il a fallu que j’envoie une copie du relevé de ma carte de crédit pour qu’enfin « Les 3 Suisses » consente à reconnaître que j’avais bel et bien payé un colis jamais reçu.

J’ai demandé qu’on me désabonne de la newsletter et me raye définitivement de la liste des clientes.

Je sais que ce ne sera pas fait.

J’ai furieusement besoin de quelques nouveaux draps-housses.

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