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Avoir soixante ans (et des poussières) c’est :

-  avoir connu quarante ans de règne du Roi Baudouin, vingt ans de celui de son frère Albert II et s’apprêter à assister demain à une troisième prestation de serment royale. Bon, d’accord, pour la première, je n’avais que cinq jours et c’est par la fenêtre de la maternité ouverte sur une torride journée d’été que Maman et moi avons entendu Baudouin 1er jurer de respecter la Constitution ! Il n’empêche : j’y étais !

-  se souvenir du jour de la naissance du futur roi Philippe comme si c’était hier. Dans la cour de récréation de ma petite école, on ne parlait que de lui : le bébé d’Albert et Paola. Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, ils s’aimaient et n’étaient pas destinés à monter sur le trône, ni eux ni leur nouveau-né. Ils ne savaient pas encore que la vie leur réservait quelques (sales) tours à sa manière, qu’il leur faudrait sérieusement s’accrocher pour ne pas se perdre en chemin et arriver à devenir les souverains presque unanimement salués qu’ils sont aujourd’hui.

- avoir assuré pour son journal le compte-rendu de la grande fête des familles qui célébrait au Heizel les trente ans de règne du roi Baudouin. Regretter de n’avoir pas été invitée dans les superbes serres de Laeken à la réception des trentenaires nés le jour de la montée sur le trône. Pour cinq malheureux petits jours d’avance !

- avoir interviewé, à l’occasion du mariage du Prince Philippe et de la princesse Mathilde, la créatrice de mode qui confectionne la plupart des chapeaux des femmes de la famille royale. Sans doute l’unique fois où j’ai traité un sujet complètement « girly ». Et parfaitement people !

- se réjouir que, pour une fois, l’accession au trône de Philippe 1er sera une véritable fête nationale puisque, non seulement elle a lieu le 21 juillet, mais, surtout, elle ne suit ni le décès du roi précédent, ni son abdication dans des circonstances particulièrement difficiles, comme lors de la « question royale » en 1950 !

-  avoir suffisamment de recul pour pouvoir se dire que la monarchie constitutionnelle telle que nous la connaissons aujourd'hui est sans doute la moins mauvaise des formules de gouvernement.

- se réjouir à l'idée d'ouvrir prochainement la dernière boîte de biscuits Delacre à l'effigie d'Albert II en sachant que, dans les années 30, on dégustait déjà ces mêmes biscuits en famille. Sur le couvercle, Albert était juste un rien plus mignon !

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