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Saint-Lambert de Maastricht (636-705)

Les prénoms de nos ancêtres sont une source inépuisable d’étonnements quand il s’agit de trouvailles savoureuses, mais aussi d’énervements voire d’angoisses quand on tombe sur des lignées de garçons portant le prénom que leur père sans second prénom pour les différencier.

Dans la première catégorie, j’ai déjà évoqué les Lamoral, Benoni et autres Philipotte qui peuplent mon ascendance. J’y ajouterai les Ailid, Agnete, Oda et Sylvère récemment découverts dans ma lignée maternelle. Moins rares mais quand même sacrément désuets, voici une dynastie de Gaspar sans « d » (mais ni Melchior ni Balthasar à l’horizon !) et deux Paschal (sic). Les Théodore ont également eu leur heure de gloire et ceci explique peut-être cela (n’est-ce pas Petit-Loup !), l’inconscient collectif familial surnageant souvent à travers les générations bien davantage qu’on ne le pense. En apothéose, voici Adam.

Mais ce qui frappe surtout dans cette lignée, ce sont les références liégeoises. Saint patron de la ville, Lambert est fréquemment donné aux garçons en second rang à la place ou en plus du sempiternel Joseph ; Lambertine l’est aux filles. De même, on place volontiers les garçons sous la protection de Servais, Hubert ou Léonard, trois saintes figures épiscopales de la Principauté de Liège. On croise aussi une Léonardine et quelques Hubertine.

Que veulent nous dire ces prénoms régionaux ? En respectant les traditions ancestrales, ils affirment, me semble-t-il, non seulement une foi profonde dans le saint patron choisi pour leur nouveau-né, mais aussi une identité culturelle forte, l’enracinement de la famille dans un « terroir », fut-il urbain, une conscience à proprement parler « politique » de leur spécificité. On sait qu’aujourd’hui encore les Liégeois, dont la Principauté ne fut rattachée aux autres provinces belges qu’en 1830 lors de la création du pays, sont connus pour leur esprit « principautaire », leur caractère indépendant, frondeur, têtu mais ô combien chaleureux. Et pour moi, Bruxelloise de la deuxième génération, cela me plaît que mon grand-père se soit nommé Victor Servais et sa maman Marie Barbe Lambertine, aux côtés de quelques Jean et Jacques Lambert. Vu d’ici, cela vous a un petit côté exotique qui n’est pas pour me déplaire.