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Nous en riions volontiers. Le jardinier, qui au début de notre installation nous aida à choisir les plantes qui peupleraient notre jardin, avait ingénuement argumenté "à votre âge, si vous voulez en profiter vraiment, il faut choisir des sujets déja grands". Nous le trouvions plus naïf qu'impertinent de souligner ainsi notre avancée vers la vieillesse et nous nous étions laissés convaincre par quelques "grands sujets" en plus des jeunes pousses récupérées dans notre jardin précédent ou lors des distributions gratuites des "journées de l'arbre". Or, il se fait qu'il n'avait pas tort, le jeune bougre. Trois ans plus tard, notre jardin prend forme mais tu n'es plus là pour en savourer tous les coloris, toutes les nuances, tous les parfums.

Les glycines, en particulier, te tenaient à coeur. Nous avions le souvenir de déjeuners sous la tonnelle d'un restaurant proche où les grappes odorantes formaient une voûte en délicieuse harmonie avec les plats et l'amitié que nous y partagions. Tu n'auras pas vu fleurir les glycines. La première année, elles étaient trop jeunes, trop occupées à lancer leurs lianes à l'assaut de la structure métallique. L'an dernier, déjà, tu n'étais plus là et, de toute façon, saisies précocement par un gel tardif, les fleurs s'étiolèrent avant même d'être écloses.

Ce printemps, enfin, les voilà, charnues, nombreuses, somptueuses. Et leur beauté me fend le coeur.