Avoir soixante ans et un désormais bon gros tas de poussières, c’est :

-       atteindre un jour la date fatidique qui suppose la mise au repos de ses facultés physiques et/ou intellectuelles. Se demander si cela change vraiment quelque chose auxdites facultés. Se dire que non.

-       se voir notifier le montant de sa pension. Être déçue. S’être attendue à être déçue. Se demander si on vient vraiment de basculer dans le clan des assistés, des économiquement faibles, des totalement inutiles. Se dire que non.

-       s’étonner de découvrir dans le journal que nos voisins français, qui s’arrêtent pourtant cinq ans plus tôt, touchent une retraite nettement plus conséquente. Se dire « Tant mieux pour eux » !

-       s’entendre dire que désormais on a le temps de profiter du temps libéré par le boulot. Se dire qu’on l'aimait bien ce boulot, qu’on ne va pas cesser de l’aimer, qu’on va même continuer à l’exercer. Oh pas trop ! Pas tous les jours (ce n'était déjà plus le cas depuis un certain temps). Un peu, à l’occasion. Juste pour le plaisir ! Et pour arrondir les fins de mois. Pour les rencontres aussi. Pour les bulles d'air dans une vie rythmée par la présence d'une Belle-Maman chaque  jour moins vaillante. Pour (sur)vivre, quoi !  

 

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