660px-Madou_-_Patrouille

(une patrouille de volontaires belges en 1830)

Même quand je ne pense pas (trop) à eux, mes ancêtres ont le chic pour se rappeler à mon bon souvenir.

Du côté flamand

L’autre jour, c’était un message de mon lointain arrière-arrière-cousin historien retrouvé sur Geneanet qui me disait avoir trouvé, grâce à un nouveau site de la Bibliothèque nationale consacré à la presse d’autrefois, deux entrefilets parus l’un en 1902 dans « Het Handelsblad van Antwerpen », l’autre en 1904 dans « Het Nieuws van de dag ». Le premier annonçait que 11 anciens combattants de la Révolution belge de 1830 venaient d’obtenir une pension de 400 francs (Il n’était pas précisé s’il s’agissait d’un montant global, annuel ou mensuel et je n’ai aucune idée de ce que cette somme représentait pour l’époque). Suivait la liste des bénéficiaires, dans laquelle figurait Joseph Vandepitte d’Oostnieuwkerke (Flandre Occidentale), alors âgé de 94 ans, autrement dit l’un de mes arrière-arrière grands-pères paternels. Il ne restait à l’époque que 52 anciens combattants de la Révolution qui avait mené la Belgique à l’indépendance. L’articulet de 1904, lui, était une l’annonce nécrologique dudit arrière-arrière-grand-père. Mon correspondant me signale que l’année qui suivit sa mort, les derniers anciens combattants de 1830 ont dignement fêté les 75 ans de l’indépendance. Et de conclure : « Joseph a donc raté la fête ».

En fait, j’ignorais avoir eu un ancêtre combattant pour la liberté de ce drôle de pays fait de flamands et de francophones, même si la logique aurait dû me mettre la puce à l’oreille : si l’essentiel des batailles se déroulèrent à Bruxelles fin septembre 1830, ce sont toutes les régions avoisinantes qui s’était soulevées et de nombreux volontaires, venus tant des villes que des campagnes, y avaient rejoint les premiers insurgés.

Me voici donc dotée d’un ancêtre héroïque, à qui je peux être reconnaissante de s’être engagé, alors âgé de 22 ans, dans ce combat qui fit de nous des Belges à part entière et non plus des « Néerlandais du Sud », comme c’était le cas depuis le Congrès de Vienne qui, après Waterloo, avait attribué les territoires belges (alors français), au Royaume des Pays-Bas de la maison d’Orange-Nassau.

Du côté de Liège 

L’autre jour, l’une de mes cousines me disait penser que les généalogistes amateurs agissent souvent dans l’espoir de se trouver un ancêtre riche ou célèbre dont être fiers. Je n’en suis pas aussi certaine qu’elle. Je sais depuis longtemps que, des côtés tant paternel que maternel, nous sommes d’origine modeste et que dénicher dans mon ascendance un preux chevalier, un riche banquier, un peintre ou un compositeur de renom, relève de l’utopie, les temps se prêtant peu aux ascensions sociales fulgurantes (au contraire des dégringolades). Mais, quand bien même cela serait, quelle fierté y aurait-il à en tirer ? Nous n’y sommes strictement pour rien. Ce ne sont ni notre nom ni notre ascendance qui importent mais bien ce que nous sommes et faisons aujourd’hui, ancêtre célèbre ou non.

Par contre, et je l’ai déjà écrit, j’aime trouver des traces de leurs professions ou mandats dans les diverses archives consultées car, le fait que celles-ci mentionnent leur nom voire leurs actions, témoigne qu’ils n’étaient pas seulement occupés à travailler dur, exclusivement préoccupés de survivre en des temps difficiles, mais pouvaient également s’investir dans d’autres activités, preuves de fortes personnalités et sans doute d’épanouissement personnel.

Ainsi, tout récemment, je suis tombée sur diverses annotations prouvant que les  HODEIGE, mentionnés en 1695 par le curé de Saint-Adalbert comme l’une des « grandes familles de Liège », ne compta pas seulement des membres éminents de la corporation des tanneurs, mais aussi plusieurs chantres et même chanoines de la collégiale Saint-Paul (aujourd’hui cathédrale), un échevin, un « messager" et un "greffier de la noblesse » ( ?), un juriste…  D’autre part, mes ancêtres Anne HODEIGE (1659-1744) et son époux Eustache ENGLEBERT (1660-1741) jouirent d’une longévité donc d’une vigueur très inhabituelles pour l’époque. Plus que des fonctions prestigieuses, ce sont ces engagements, ces dates qui me réjouissent et me récompensent de longues et fastidieuses recherches. 

IMG_2166

(La superbe voûte de la cathédrale Saint-Paul à Liège)