Outremeuse-Blaeu

Le quartier d'Outremeuse à Liège où naquirent tant de mes ancêtres

J’ai déjà plusieurs fois ironisé sur les variations orthographiques des noms et prénoms de nos ancêtres, qui compliquent singulièrement la tâche de tous les généalogistes, amateurs ou non. Je n’avais cependant jamais atteint les sommets de complexité que deux branches voisines réservaient récemment à ma sagacité.

À la recherche de Joachim

J’ai croisé Joachim LE BOULANGER dans un index des naissances.  Il est mentionné comme étant le père de Henri LE BOULANGER, né à Chênée en 1724, dont la mère est Pacquette  ou Jacquette Detroz. Sauf que Pacquette/Jacquette DETROZ est l’épouse d’Andrien LE BOULANGER. Je n’ai aucun doute à ce propos, Andrien (dit parfois « Driane ») a eu avec elle sept autres enfants nés à partir de 1727. Alors, Joachim est-il un frère (un cousin, un oncle) d’Andrien que la jeune femme aurait épousé avant de devenir prématurément veuve et d’épouser celui qui deviendra le père de ses six autres enfants ? Mystère ! Je ne trouve aucune trace de mariage, ni avec l’un ni avec l’autre. Aucune trace non plus de la naissance une vingtaine d’années avant celle d’Henri ni d’un nommé Joachim, prénom rare s’il en est, ni d’un nommé Andrien ou Driane.

Comme souvent quand je me heurte à l’inexplicable, je choisis de laisser reposer le mystère. S’il ne perd rien en acuité, j’abandonne la fébrilité qui n’est jamais bonne conseillère. Quelques temps se passent avant mon retour aux BOULANGER, dont la fratrie m’a déjà donné pas mal de fil à retordre car elle apparaît dans les index tantôt à BOULANGER tantôt à LE BOULANGER, BOULENGER et BOULLENGER. Des variations faciles à déjouer, mais je préfère quand même vérifier que dans l’irritation qui était la mienne à ne pas situer Joachim, je n’ai pas omis l’une ou l’autre fantaisie orthographique propre à l’époque. Je remonte donc la liste des noms proches commençant par BOU puis par LEBOU en amont et en aval. Et là, miracle : un nommé Joachim Driane a bien vu le jour à Chênée en 1700 d’Henri LEBOULGY et Anne MORAY, qui se révélera s’appeler en réalité MOUREAU. Ouf ! Mystère résolu. Joachim LEBOULGY et Andrien LEBOULANGER sont bien un seul et même époux, un seul et même père, usant tantôt d’un prénom tantôt de l’autre et dont la prononciation a induit en erreur le curé officiant. CQFD.

À la poursuite d’Heluy

L’histoire des multiples noms d’Heluy FREDERICX est, si possible, plus tordue encore. Je la trouve comme mère de mon ancêtre Jean COLLARD (ou COLART), baptisé en l'église Saint-Nicolas-en-Outremeuse à Liège en 1677. Elle est l’épouse de Thomas. Au premier coup d’œil, superficiel, Thomas et Heluy ne semblent pas avoir eu d’autres enfants. Bizarre mais possible ! En consultant attentivement les très longues listes de COLLARD et de COLART à cheval sur deux périodes, je déniche quand même quelques nouveaux-nés ayant pour père un Thomas et pour mère une Heluy, prénoms relativement peu courants. Sauf que cette Heluy s’appelle tour à tour VREUDRICH, VREULIXHE, VRERICH, VRURIXHE, VRENRICH, FREDERICQZ ou di FREDERICK. Les dates de naissance et l’espace d’environ deux ans entre chacune d’elles me confirment que le couple géniteur est bel et bien le même que celui de Jean. Au passage, Heluy s’est muée en Hedwige. Bien maligne celle qui, d’emblée aurait reconnu Heluy FREDERICX dans Hedwige VRURIXHE ! Cela vaut bien un petit Cocorico !

Ah, j’oubliais, mon ancêtre Jean COLLARD/COLART a épousé en 1701 Barbe COMBLEN ou COMBLIN ou COBLENS, etc.