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On ne l’attendait plus. Elle nous est tombée dessus presque sans crier gare. La neige. Et avec elle, son cortège de plaisirs toujours un peu régressifs et d’inconvénients très – vraiment très - actuels.

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- La beauté des paysages : en nos vallons de presqu’Ardenne, ces vues de cartes postales ne pouvaient que raviver les images oniriques, venues du fond des âges, d’hivers rigoureux et de Noëls toujours blancs. Alors, pour quelques jours, nous avons retrouvé nos âmes d’enfants.

Flop

- La panne généralisée d’électricité provoquée par la chute de câbles sous le poids de la neige : c’est quand elle vient à manquer que l’on se rend compte à quel point nous en dépendons : plus de lumière, passe encore, mais plus de chauffage, c’est déjà nettement moins confortable. Plus de chasse d’eau (le groupe hydrophore qui pompe l’eau de la citerne fonctionne à l’électricité !), plus de téléphone fixe (je n’ai pas de GSM)…  Impossible de cuisiner ni de réchauffer la soupe. Même aux chandelles, nos tartines de fromage manquaient un peu de romantisme. J’ai pensé à « Ravages », le terrifiant roman de René Barjavel, et aussi à mes ancêtres, pour qui froid et obscurité étaient lots quotidiens.

 Top 

- Notre maison basse énergie : elle a parfaitement joué son rôle. Malgré l’absence de chauffage (la chaudière au gaz a, elle aussi, besoin d’électricité pour fonctionner !), elle a maintenu la chaleur emmagasinée à l’intérieur et c’est à peine si, en fin de panne, cinq heures plus tard, une légère baisse de température commençait à se faire sentir.

Flop

- Les inconvénients auxquels nous avons échappés : en région liégeoise, la panne s’est prolongée plusieurs jours, avec des conséquences majeures pour les familles, notamment celles avec enfants ou personnes âgées : il a souvent fallu trouver un autre logement et les contenus des surgélateurs seront rendus inaptes à la consommation. Heureusement, comme souvent dans ces cas-là, une belle solidarité a joué et le statut de catastrophe naturelle a été demandé par les autorités.

- La SNCB : des centaines de passagers sont restés bloqués en gare de Jemelle plusieurs heures durant, certains dans des trains, sans nouvelles ni boissons ni nourriture, la SNCB n’ayant pas jugé bon d’avertir les autorités locales.

Top

- Quand enfin le bourgmestre a été averti (quatre heures plus tard !), il a notamment rapatrié à la gare le buffet prévu pour une réception politique. Grâce aux zakouski et autres foies gras, les naufragés du rail ont pu reprendre quelques forces, juste avant de réembarquer dans les trains, enfin en ordre de marche. Certains ont quand même mis dix heures pour aller de Bruxelles à Arlon !

Vive l’hiver !

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