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Que se passe-t-il derrière les façades ? Les belles, les anciennes, les modernistes, les modestes, les pelées, les décrépites et les autres ? Selon leur mine, nous imaginons un bonheur cossu, facile, bourgeois. Ou, au contraire, une vie de labeur, des difficultés matérielles, une existence pas vraiment tranquille, des disputes, de la souffrance et pourquoi pas  de la violence. Qu’en savons-nous au fond ? Il y a des façades qui brillent de mille feux et suscitent l’envie. Sont-elles les plus sincères ? D’autres racontent des temps qui furent meilleurs mais scintillent aux fenêtres de la lueur paisible des jours heureux.

Derrière celle-ci, j’ai bossé et j'ai aimé le faire. J'ai beaucoup ri mais j’ai eu mal, j'ai eu peur. J'ai rongé mon frein, enragé, pleuré. Et je suis tombée. Cela m’a fait un choc de la revoir l’autre jour, presque par hasard, si sage et proprette, tellement convenable que c’en est risible. Je sais ses fastes intérieurs, son escalier de marbre et son salon bleu, je sais ses lambris, la cheminée roccocco et le parquet qui grince. Je sais surtout les jalousies, les manigances, les faux semblants et les compromissions. L’amitié vraie aussi. Durable. Je sais surtout que, derrière les façades, l’âme des maisons n’est jamais ni totalement blanche ni entièrement noire et qu’il n’est guère prudent de les juger sur leur bonne mine. Celle-ci comme les autres.