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Retrouvailles, l'autre jour, avec mon amie C. Six mois que nous ne nous étions revues, pour cause de transhumance. Nous avons donc fait chacune la moitié du chemin pour nous retrouver à Namur, dans l'agréable centre piétonnier, et visiter une portion de l'exposition "Facing Time - Rops/Fabre" qui a en réalité investi la totalité de la capitale wallonne, semant les oeuvres de l'un comme de l'autre en divers lieux de la ville.

Le dialogue à travers les cent et quelques années qui séparent ces deux artistes anticonformistes, provocateurs, irrévérencieux et "scandaleux", quoique différemment, m'a semblé profondément ludique mais aussi fondamentalement belge. Si certains dessins, peintures, gravures, illustrations et autres aquarelles de Rops (1833-1898) évoquent irrésistiblement Toulouse Lautrec, beaucoup d'autres annoncent le surréalisme d'un Delvaux ou d'un Magritte, la truculence d'un Ensor. Fabre (1958), lui, a fait de la métamorphose le concept-clé d'une oeuvre multiforme dans laquelle les existences humaines et animales interagissent en permanence. "Cela l’a amené à représenter le corps sensoriel et spirituel ; à créer divers corps en transmutation, résistants au cycle naturel de la croissance et de la décrépitude. Son art est un exercice de disparition ou une célébration de la vie en tant que préparation à la mort. Au fil des années, l’artiste a engendré un univers très personnel, avec ses propres règles et lois ainsi que des personnages, des symboles et des motifs récurrents", précise le site de l'exposition. Il y a donc aussi du Jérôme Bosch dans ces croquis, dessins, sculptures souvent monumentales...  Quant à Bernard-Henri Lévy, il donne au projet une dimension philosophique en traitant dans le catalogue du lien entre Baudelaire, Rops et Fabre à travers des thématiques comme la modernité, la mort et la sexualité.

L'exposition du petit musée Rops et les scarabées sacrés de l'église Saint-Loup ne donnent certes qu'une vue partielle du génie des deux artistes, l'un wallon, l'autre flamand, unis dans leur belgitude et leur intention profondément iconoclaste, mais j'ai aimé les découvrir comme un parcours semé d'embûches et de surprises souvent heureuses. 

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Installés au coeur des sculptures baroques de l'église Saint-Loup, où Baudelaire fit un AVC en présence de Félicien Rops en 1866, les scarabées sacrés jouent sur le contraste. 

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Et depuis plusieurs mois, une tortue géante a investi la citadelle qui surplombe la ville.

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