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C’est un peu par hasard, parce qu’une amie s’amusait sur Facebook de se trouver une ancêtre curieusement dénommée Pharaïlde  que j’ai fait, du côté paternel cette fois, une découverte interpelante. C’est qu’une Pharaïlde, j’en ai une moi aussi parmi mes ancêtres, et même très proche puisqu’il s’agit de l’une de mes arrière-grands-mères.

En s’interrogeant sur ce prénom peu courant, nous avions conclu entre amis Facebook qu’il était sans doute surtout usité en Flandre Occidentale et dans le Nord de la France. Ce que confirme Wikipédia, lequel donne aussi son équivalent néerlandais : Veerle, prénom autrement répandu en Région flamande et aux Pays-Bas. En prime, nous apprenons que la sainte ainsi nommée est née en 650 en Gaule septentrionale et qu’après son mariage, elle vécut à Bruay-sur-Escaut (France), où elle fit plusieurs miracles.

Mais là n’est pas mon propos. Comme son prénom original (cocasse ?) la rappelait à mon bon souvenir, j’ai éprouvé l’envie de me pencher davantage sur cette aïeule dont je ne savais pas grand-chose sinon qu’elle est née à Geluwe le 25 mai 1865 de père inconnu, s’y est mariée mais a vécu à Menin, à la frontière française, où elle a eu deux enfants, mon grand-père et sa sœur.

Mon arrière-grand-mère Pharaïlde était donc une enfant naturelle, ce qui n’arrange jamais un généalogiste, dès lors bloqué dans sa remontée des générations. Je me disais, par ailleurs, que son enfance n’avait pas dû être facile quand on sait combien la Flandre profonde de la fin du XIXème siècle restait imprégnée de cette tradition catholique qui n’a jamais été tendre avec les « filles mères » et leurs rejetons. Or, voilà-t-y-pas que je découvre que Pharaïlde n’était pas l’unique « bâtarde » de la famille : ce ne sont pas moins de quatre enfants naturels que sa mère Rosalie mit au monde entre 1844 et 1865. Pharaïlde est donc la petite dernière et elle pousse son premier cri alors que Rosalie a déjà quarante-quatre ans et Pierre, son frère aîné, plus de vingt.  Plus : sa sœur Nathalie, née en 1848, aura à son tour un fils en 1875 sans être mariée. Enfin, la cousine de mon arrière-arrière-grand-mère Rosalie était, elle aussi, mère de plusieurs rejetons sans père.

Je ne doute pas que dans les petits bourgs à la mentalité étriquée de l’époque, cette « tradition » de bâtardise a dû faire abondamment jaser. Je ne peux cependant m’empêcher de me réjouir que Pharaïlde ait finalement accédé à « l’honorabilité » en épousant mon arrière-grand-père François-Xavier, qui semble avoir été blanchisseur dans l’industrie du lin, florissante à l’époque en cette région flamande traversée par la Lys. Leur bonheur cependant serait de courte durée car si je n’ai pas encore retrouvé sa date de décès, je sais que Pharaïlde mourut jeune puisque François-Xavier eut ensuite l’occasion de se remarier à deux reprises.