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Déménager à soixante ans et des poussières, c’est :

-       sentir soudain la poussière qui grippe les rouages des articulations, s’accumule dans les muscles, ralentit les mouvements et confisque lentement, sûrement, la force nécessaire au transbahutage de tonnes de poussières accumulées dans les tiroirs, sur les étagères, derrière les meubles, sur les livres...

-       constater avec regret que la poussière altère les pages et couvertures des livres, se dire qu’on a vraiment (beaucoup) trop de livres, ne pas pouvoir se décider à les voir réduits en poussières

-       transbahuter des livres poussiéreux, des disques poussiéreux, des archives poussiéreuses... les épousseter, les replacer sur des étagères propres en sachant que, demain, la poussière reprendra lentement, sûrement, son long travail de sape. Se réjouir quand même de sa maison toute neuve, claire, propre.

-       Parce que c’est de saison, savoir que l’on est poussière et que l’on retournera en poussière. Se réjouir quand même de l’approche de Pâques et du renouveau annoncé de la nature, qui aura tôt fait de muer la boue actuelle en… poussières.