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La façade et l'escalier de l'Hôtel de Ville de Liège

Maintenant que les choses se calment un peu au niveau notre installation, mes impatiences généalogiques se donnent le droit de se manifester à nouveau avec une incontestable vigueur. Comme de bien entendu, je n’ai guère progressé ces derniers temps, mais des éléments pêchés ici et là sont venus enrichir ma connaissance non tant de mes ancêtres que de la généalogie en général.

 -       Plus vieux que Mathusalem ?

Un coup d’œil récent sur les statistiques de mon arbre, m’apprend que l’un de mes arrière-arrière-arrière (etc.) grands-pères aurait vécu… 1615 ans. Il mériterait, c’est clair, de figurer au Livre des Records. Sauf que, bien sûr, il s’agit d’une erreur d’encodage de ma part. En effet, je le fais naître en 174 et mourir en 1790. Il va donc falloir me replonger dans ma banque de données et peut-être dans les archives elles-mêmes pour retrouver la date exacte de sa naissance, dans la première partie du XVIIIe siècle. Du coup, il se retrouvera amputé d’un nombre si considérable d’années qu’il mourra plus banalement quinquagénaire.

Deux autres ancêtres ont également des dates suspectes qui les font vivre jusqu’à 106 et 105 ans en un XVIIe siècle fort peu propice à ce type de performance. A vérifier également.

Au final, les deux seules centenaires certaines de ma famille sont ma tante et marraine (1907-2008) et ma lointaine cousine Gérardine (1912-2013). Je les ai l’une et l’autre connues.

-       A la poursuite de mon sosa 1000

Fin février derniers, à la suite de Maïwenn, de nombreux généablogeurs – ce que je ne suis pas à proprement parler - se sont lancés à la recherche de leur sosa 1000. Quésako ? Tout simplement (hum !) un système de numérotation, inventé par l’Allemand Michel Eyzinger en 1590, repris par le franciscain généalogiste Jérôme de Sosa en 1676 puis en 1898 par Stephan Kekulé von Stradonitz et permettant d’identifier par un numéro unique chaque ancêtre d’une généalogie ascendante.

Son principe ? Chaque ancêtre a un numéro invariable. La numérotation part de la personne dont on fait l’ascendance et qui porte le numéro 1. Son père porte le numéro 2, sa mère le 3. Le 4 est son grand-père paternel, le 5 sa grand-mère paternelle, le 6 son grand-père maternel, le 7 sa grand-mère maternelle. Et ainsi de suite. Dès lors, un chiffre pair désigne toujours un homme, un chiffre impair une femme, sauf le numéro 1 qui peut être de sexe féminin ou masculin. Le numéro d’une femme est toujours celui de son conjoint plus 1. Le numéro d’une mère est le double de celui de son enfant plus 1. (plus d’infos sur guide-genealogie.com). En vertu de quoi, le sosa 1000 est un individu bien précis qui, comme l’écrit Maïwenn « habite toujours à la même adresse ». Je vous passe les détails pour remonter jusqu’à lui. Sachez seulement qu’il s’agit d’un ancêtre masculin de votre branche maternelle.

Donc, moi aussi je m’y suis mise et, bardaf, c’est l’embardée : je n’ai pas de sosa 1000. Ou, plus précisément, je ne suis pas encore parvenue à le dénicher. Pour le définir, tout au plus pourrais-je écrire qu’il est l’arrière-grand-père d’Aldegonde DURLIQUE (mon sosa 125), née en 1771 et décédée le 15 novembre 1821 à Neuville-en-Avesnois dans le Nord de la France. Vers 1790, elle avait épousé Lamoral François DEHOVE, né le 26 janvier 1760 également à Neuville-en-Avesnois, avec lequel elle avait eu au moins six enfants. Quelques mois après son décès, celui-ci se remaria le 13 août 1822 avec la toute jeunette Marie Claire JOVENIAUX (1795-1835) qui lui en donna cinq autres.

Alors, c’est sûr, c’est un peu court pour caractériser un ancêtre qui n’a vraisemblablement même pas connu son arrière-petite-fille, mais pour l’heure, je suis bloquée à ce niveau-là. Une petite incursion dans le Nord de la France semble devoir s’imposer prochainement.

-       Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot

Je me sens d’autant plus frustrée de n’avoir pu remonter plus loin sur cette branche, qui produirait un peu plus tard une lignée de sabotiers, que je viens de lire « Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot » de l’historien Alain Corbin (Flammarion, col. Champs Histoire, 2008). Celui-ci s’est, en effet, attelé à reconstituer l’univers d’un sabotier inconnu et analphabète, choisi au hasard, ayant vécu dans l’Orne (Basse-Normandie) de 1798 à 1876. Et le résultat qui se lit à peu près comme un roman – quand même un peu ardu mais passionnant pour qui s’intéresse tant soit peu au passé - est magistral, de précisions historiques, sociales, territoriales, sanitaires, botaniques, folkloriques ou autres, grâce auxquelles tout un humble univers quotidien se fait jour, au cœur de la grande Histoire qui n’en finit pas d’influer sur le vécu des plus modestes des Français de l’époque.

Cet ouvrage devient ainsi le modèle vers lequel devrait tendre toute tentative de chronique familiale. Mais ne nous berçons point d’illusion : le temps et la méthodologie manquent à la plupart des généalogistes amateurs pour parvenir à cette précisions sur chacune des branches de sa généalogie. Il m’indique aussi l’une des raisons, bien sûr irrationnelle, pour laquelle je privilégie actuellement ma branche maternelle : l’histoire mouvementée de Liège et de sa Principauté est largement accessible, son riche patrimoine architectural également. L’un et l’autre donnent à cette recherche - qui s’étend sur plus de trois cents ans - une couleur, donc un intérêt particulièrement vifs.

-       Hôtel de ville de Liège

A propos de Liège, je viens de découvrir les photos que le designer et photographe Thierry Lechanteur lui consacre sur round.me (http://round.me/@overshot), en particulier celles de l’Hôtel de Ville (1714-1729). Un bâtiment superbe où tant de mes ancêtres se marièrent, mais dont je n’ai moi-même jamais franchi le seuil. Il y a quelques chose de profondément émouvant à l’idée que mes aïeux eurent eux aussi l’occasion d’admirer ces somptueux décors classiques où marbres, stucs, boiseries et dorures le disputent en raffinement aux tableaux, sculptures, lustres et autres tapisseries. J’imagine aisément combien ils devaient se sentir impressionnés par le luxe de ces lieux de pouvoir qui conférait à l’événement un prestige auquel leur quotidien ne les avait guère habitués.