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Pas mal de préoccupations pour l’instant et les idées trop vaseuses pour écrire longuement sur ce blog, mais je ne résiste pas au plaisir de vous mettre le lien de ce petit film muet de 8 minutes datant de 1909 : « Toto et sa sœur en bombe à Bruxelles ».

D’abord, parce que je le trouve plein d’une rafraîchissante impertinence. Ensuite, parce que les images sont d’une qualité inattendue en ces premiers temps du cinéma. Bien sûr, parce qu’il montre Bruxelles.

Mais les célèbres monuments de la ville ne m’apprennent au final pas grand-chose, puisque à part, la gare du Nord, démolie et reconstruite  dans mon enfance à quelques centaines de mètre, je les connais tous fort bien et leur aspect n’a pas vraiment changé en un peu plus d’un siècle. Non, ce qui me séduit ici, c’est le va-et-vient des gens, cette vie quotidienne qui se déroule sous nos yeux avec naturel et le témoignage qu’elle nous offre sur la mode, les véhicules, les activités de chacun… C’est ce livreur de « pains français » sans doute destinés à quelque restaurant, ce sont ces messieurs en haut de forme, chapeau melon ou canotier sur la Grand-Place, c’est le balayeur devant l’Hôtel de Ville, le gamin en culottes courtes, les élégantes à ombrelle, c’est l’employé communal chargé de faire endosser à Manneken Pis son uniforme Louis XIV et le fait que la tradition du costume se perpétue aujourd’hui. En fait, si j’ai souvent vu l’impertinent bambin revêtu d’atours aussi multiples que divers, jamais je n’avais, comme ici, assisté à la séance d’habillage. Et puis, bien sûr, il y a les trams, électriques ou à chevaux, les voitures, les charrettes à bras ou à chien, les kiosques et les devantures de magasins sur les boulevards du centre, une façon de marcher sans vraiment se presser, de traverser sans faire attention aux très rares véhicules... Il y a dans l'air un parfum d'insouciance. De Belle Epoque.

C'était au temps où Bruxelles brusselait, chanterait le grand Jacques. Et cela donne (presque) envie. C’était cinq ans avant le début de la Grande Guerre.

"Bruxelles" Jacques Brel - 1962