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Le chemin du généalogiste débutant est parsemé de découvertes, essentielles ou non, édifiantes ou banales, généralement instructives, parfois purement affectives, toujours exaltantes, comme autant de cailloux indiquant la direction à suivre pour atteindre une certaine vérité historique. Ces derniers temps, il ne se passe pas une semaine sans que je tombe sur l’un de ces éléments souvent infimes qui viennent enrichir ma connaissance de la famille de mes ancêtres.

Tenez, hier encore, en souvenir de mon père, nous célébrions comme chaque année l’anniversaire de mariage de Lorraine et, puisqu’elle habite désormais le Val de Lesse, nous avions choisi pour l’occasion l’excellent restaurant « La Calèche » de l’hôtel « La Malle-Poste » à Rochefort. Ce beau bâtiment en pierres du pays est, en réalité, un ancien relais de poste datant du 17e siècle, très joliment restauré par les propriétaires. Lesquels nous ont expliqué à la fin du repas que ce relais avait été construit à cet endroit précis, c’est-à-dire à quelques mètres de la Lomme, parce que la rivière servait de frontière entre la Principauté de Liège et le Duché de Luxembourg. Ce que les cartes anciennes ne confirment pas. Mais on sait que souvent frontières varient et il n’en demeure pas moins que celle-ci ne passait pas très loin de Rochefort.

Pourquoi vous conter ceci ? Pas seulement parce que, désormais, tout ce qui touche à Liège et à sa Principauté me concerne, mais bien parce que parmi mes innombrables arrière-arrière…. cousins ENGLEBERT, figure un cocher, né en 1800, que les actes de naissance de ses enfants désignent ensuite comme « facteur de diligence ».

Jean François est-il passé par Rochefort pour y apporter lettres et colis ? Je l’ignore. Mais je me plais à le penser. Même s’il ne fait aucun doute que le relais en question, sa salle commune et ses chambres, ne ressemblaient en rien, niveau confort, à celles d’aujourd’hui. Et puis, il me plaît aussi que, sans le savoir, nous ayons justement choisi le menu « Cocher », qui a enchanté nos papilles. Comme un petit signe de l'au-delà à travers les deux cents ans qui nous séparent.

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