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La généalogie demande ordre et méthode. Quand j’ai débuté il y a un peu plus d’un an celle de la famille de mon grand-père maternel, je n’avais ni l’un ni l’autre. Toute à l’euphorie de découvrir les actes d’état civil et les registres paroissiaux liégeois en ligne, je remontais à vive allure d’ancêtre masculin en ancêtre masculin, déduisant la plupart des liens familiaux des notations dénichées dans ces actes (parrains, marraines, témoins de mariages, déclarants de décès….), sans chercher à systématiser ces découvertes, à compléter les fratries, à noter les références, les adresses, etc. Ce travail minutieux, fastidieux même, est pourtant indispensable à qui veut dresser le portrait le plus précis possible de chaque génération, appréhender leur vie quotidienne, dessiner leur évolution sociale, comprendre leur « esprit ».

Vu l’abondance des données et les fantaisies non seulement orthographiques des registres mais également de contenu, il importe en outre d'ordonner les données prospectées et de les rendre lisibles au premier coup d’œil ou presque. Alors que j’avais commencé par dresser des listes d’individus, leurs dates et relations interpersonnelles à l’aide d’un classique traitement de texte, il a bien fallu me rendre à l’évidence : la dimension limitée des feuilles et ma maîtrise approximative des tabulateurs embrouillaient rapidement les choses.Ainsi, par exemple, dans un premier temps, je n’avais pas saisi que si la plupart des nouveaux-nés étaient baptisés dans la petite église de Notre-Dame-des-Fonts jouxtant la cathédrale Saint-Lambert ou dans celle de Saint-Nicolas-en-Outremeuse, ce n’est pas pour autant que les parents appartenaient à ces paroisses : les noms des paroisses d’origine sont mentionnés au dessus de chaque acte, ce qui permet de déterminer avec précision les quartiers où habitaient les familles. Pour plus de clarté, il fallait donc retranscrire l’ensemble sur un tableur, dont les cellules garantissent l’alignement des données et la clarté de la lecture. Du coup, les lacunes apparaissent, elles aussi, plus nettement.

C’est à ce pensum de transcription que j’occupe actuellement ma « pause » dans l’écriture de la chronique familiale. J’en profite, pour compléter les informations manquantes – notamment celles qui concernent la paroisse d’origine - tout en vérifiant celles qui sont déjà en ma possession. J’introduis aussi des codes couleurs pour les paroisses et certaines personnes avec lesquelles les liens familiaux ne sont pas évidents. Ce faisant, je déniche non seulement des erreurs, généralement de dates, mais aussi certains manques. J’ai ainsi pu rajouter deux enfants aux neuf déjà connus d’Eustache ENGLEBERT et Anne HODEIGE, confirmer qu’après une première génération dans l’Isle, c’est Outremeuse qui fut le plus souvent habité par les ENGLEBERT, avec la proximité que cela suppose avec le métier de tanneur.

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Je suis loin d’avoir terminé ce travail de fourmi, mais une généalogie, même ascendante, est-elle jamais terminée ? Tant qu’il reste des documents à découvrir, il y a de l’espoir et je suis loin d’être au bout de mes peines, car les registres ne sont pas les seules sources d’information. En fait, c’est désormais clair : je ne suis nulle part... ou presque.