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Au pied de la colline de la citadelle : le quartier natal de Gaspard ENGLEBERT (*)

L’aîné des deux fils d’Eustache ENGLEBERT et de Anne HODEIGE nommés Léonard ne sera pas tanneur. Du moins dans un premier temps. Pour preuve : son fils Noël « Gaspard » (**), qu’il aura avec Elisabeth PIRLET, est baptisé le 11 janvier 1702 en l’église Saint-Jean-Baptiste, non loin du centre-ville, sur la rive gauche de la Meuse, où les tanneurs ne peuvent exercer. Il est cependant précisé que la famille habite la paroisse de Saint-Thomas, qui s’étend de part et d’autres des remparts et dont l’église se dresse à l’ombre de la collégiale Saint-Barthélémy.

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La collégiale Saint-Barthélémy, de style ottonien typique. L'église Saint-Thomas s'élevait de l'autre côté.

Élisabeth a vu le jour le 10 septembre 1681 dans cette même paroisse Saint-Jean-Baptiste. Elle est la fille de Nicolas PIRLET et de Ailid ROUMA, a deux sœurs plus âgées, Ida et Marie, et trois frères, l’un plus âgé, les autres plus jeunes : Théodore, Lambert et Nicolas. Sa maman, Ailid ROUMA a été baptisée en l’église Sainte Foy le 3 septembre 1640 et mourra veuve le 27 décembre 1724, dans la paroisse Saint-Thomas. 

Le fait que Léonard ENGLEBERT ait quitté Outremeuse pour rejoindre le quartier de sa belle-famille – et peut-être vivre avec elle - est à peu près tout ce que je suis parvenue à découvrir sur le couple qu’il forme avec Élisabeth PIRLET. Ni date de mariage, ni dates de décès. Ils semblent n’avoir eu que ce fils Gaspar. L’un des deux parents est-il décédé précocement ? On peut le supposer. Mais rien ne l’atteste.

Pourtant, je me demande si le Léonard ENGLEBERT qui, quelques années plus tard, aura avec Marie LONGRÉE deux fils nommés… Léonard et deux autres prénommés Gilles – bonjour la galère pour les distinguer ! - ne serait pas ce même aïeul, père de Gaspar et époux d’Élisabeth PIRLET. Si ce n’est lui, c’est donc son frère ! La similitude des prénoms fraternels ne facilitant pas la tâche, aucune certitude n’est cependant possible. Mais il est un fait troublant : lors de son décès en Outremeuse, le 16 décembre 1731, le registre paroissial précise que ce Léonard ENGLEBERT « mari de Marie LONGRÉE » est aussi « veuf d’Élisabeth NOLLET ». Les consonnances proches de PIRLET et NOLLET ne peuvent que jeter le doute dans l’esprit du généalogiste en quête d’ancêtres rétifs à se laisser découvrir. Après tout, si la maman de Gaspar est décédée quand il était enfant, que son époux Léonard s’est remarié et que ce sont ses enfants du deuxième lit qui signalent son décès près de trente ans après celui de sa  première épouse, sans doute peuvent-ils se tromper dans le nom de celle-ci. Rappelons au passage qu’ils sont illetrés.

Ajoutons que je n’ai pas trouvé de naissance à Liège d’une quelconque Elisabeth NOLLET. Or, si les index des mariages et décès sont manifestement incomplets - sans doute parce que de nombreuses églises et leurs registres ont été détruits au fil des siècles - ceux des baptêmes le sont beaucoup moins, l’administration de ce sacrement étant limité à quelques paroisses à peine, tout particulièrement à Notre-Dame-aux-Fonts.

Autre indice : alors qu’il est né aux alentours de l’église Saint-Martin, Gaspar, le fils de Léonard ENGLEBERT et d’Élisabeth PIRLET, se marie le 28 mai 1723 avec "Marie" Anne COLART en l’église Saint-Nicolas-en-Outremeuse. Autrement dit, il a retraversé le pont des Arches pour retourner dans l’île des tanneurs, où il exerce sans doute le métier. Comment expliquer ce retour aux sources familiales, sinon parce que son père Léonard est revenu en Outremeuse et que lui-même y a grandi ?

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Mais finalement, à part la déception de ne pas en savoir long sur le couple Léonard ENGLEBERT et Élisabeth PIRLET, il n’est en rien essentiel de savoir si elle est décédée jeune et s’il s’est remarié ou si c’est l’inverse qui s’est produit. L’important, ce sont leur fils Noël « Gaspar » et son épouse Marie  COLART, qui auront quatre filles – Marie « Élisabeth », Barbe, Anne Marie et Jeanne, avant de voir naître un premier fils, baptisé Gaspar comme son père, le 18 avril 1734, en l’église Saint-Nicolas-en-Outremeuse. Deux garçons – Jean et Jean « François » - et deux filles - Élisabeth et Marie Joséphine - compléteront la fratrie. Nous descendons de Gaspar.

(*) En bas, à gauche, sur Féronstrée (la rue principale) l'église Saint-Jean-Baptiste où Gaspar est baptisé. En haut, à droite, l'église Saint-Thomas, tout à côté de la collégiale Saint-Barthélémy. La paroisse s'étend aussi au-delà des remparts. 

(**) Les prénoms entre guillemets indiquent le prénom usuel de l’enfant.