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Bon, je n’ai pas été très drôle ces derniers temps, mais puisque le printemps a décidé d’être pas mal en avance cette année, puisque le soleil lui a emboîté le pas avec enthousiasme, comment résister à cette force de vie qui s’exprime partout, sous la terre, dans les airs, en et autour de soi ? Au jardin, les oiseaux rivalisent de trilles pour montrer leur belle voix, séduire l’oiselle, la convaincre de construire un nid avec eux et, me semble-t-il, les humains ne sont pas en reste. Voici donc revenu le temps des amours et l’observation des idylles en bourgeon est un plaisir aussi raffiné qu’intense, en particulier quand le chemin a été long et sinueux pour que se forme le bourgeon.

La plupart des gens rencontrent leur compagnon à l’école, au boulot ou dans une soirée. Pour ces deux-ci, rien de tel. Trop simple, trop banal. Pour que nos tourtereaux se rencontrent enfin, il aura fallu, pêle-mêle et pas dans l’ordre, dix années, l’improbable amitié d’une trentenaire et d’une vieille dame, la complicité de ses petits-enfants, un monastère, deux fêtes d’anniversaire, des écrits coquins, des séparations, un licenciement, des examens ratés, des retrouvailles amoureuses, des déménagements, des examens réussis et pas mal de sincérité. Et les voilà, à l’aube d’une histoire, que je leur souhaite d’autant plus belle que j’ai l’impression d’y être un peu – un tout tout petit peu – pour quelque chose. À propos, ai-je précisé que ces tourtereaux sont des tourterelles ? Ça roucoule joliment, les tourterelles.