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Les commémorations du centenaire de la guerre 14-18 ont débuté hier. En Wallonie. En Fédération Wallonie-Bruxelles. Pas encore en Flandre. En Belgique (?), la culture et la transmission ne sont plus désormais du ressort de l’état fédéral mais bien des entités fédérées. Cette guerre concerna pourtant tout le pays (et ses voisins). Mais le Nord, Bruxelles et le Sud s’en souviendront séparément, par des actions non concertées. Heureusement que le ridicule ne tue pas !

En signe de paix et de réconciliation, les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne et d’Allemagne ont donc fleuri à Marcinelle les tombes des soldats tombés au combat et le mémorial juif du cimetière carolorégien. Ensuite, une cérémonie officielle de lancement s’est tenue au Théâtre de Namur.

Presque au même moment à Paris, Pierre Lemaître décrochait le prestigieux Prix Goncourt pour son roman « Au revoir là-haut », un roman paraît-il jubilatoire qui conte l’arnaque de deux « gueules cassées » dans l’immédiat après-guerre 14-18. Je me réjouis déjà de le lire.

De cette guerre, en fait, je ne sais pas grand-chose de plus que l’image d’Epinal d’un Roi Chevalier passant ses troupes en revue sur la plaine de l’Yser inondée, qui décorait mon livre d’histoire en cinquième primaire. Car, de cette guerre pourtant mondiale, on ne m’a jamais parlé, ni à l’école, ni plus tard à l’université. De la Seconde non plus, d’ailleurs, mais les récits des témoins, des films, des lectures personnelles, la découverte des côtes du débarquement en Normandie, la visite du Mémorial de Caen, enfin, m’en ont tardivement appris long.

Ce centenaire pourrait donc être l’occasion d’élargir ma vision tronquée d’un événement majeur de notre histoire, qui a durablement marqué les familles belges, même si celles-ci n’en parlaient plus dans les années cinquante parce que les horreurs de la suivante occupaient encore toutes les pensées. Celles de la première n’étaient pourtant pas moindres.

Grâce aux films, une fois encore, parce que l’un de mes grands-oncles est tombé au champ d’honneur à un moins d’un mois de l’Armistice, je n’ignore bien sûr pas grand-chose du martyre des soldats embourbés au propre comme au figuré dans une sanglante guerre de tranchées. C’est l’aspect que la Flandre, pour d’évidentes raisons touristiques, a choisi de mettre en avant à l’occasion du centenaire. Mais de l’Occupation, des souffrances quotidiennes de la population, de l’héroïsme et de la Résistance, que sais-je ? Rien ou presque, sinon que mon grand-père secourut sous une pluie battante les nombreux blessés civils d’un bombardement de Charleroi et en hérita une pneumonie qui fit sans doute le lit de la tuberculose qui l’emporta en 1932. Ah oui, une grand-tante rencontra aussi un soldat anglais avec lequel elle eut un premier fils bien avant de l’épouser et de le suivre en Angleterre ! Et puis, le quotidien national pour lequel j’ai longtemps travaillé était né à cette époque sous la forme d’une feuille clandestine que les résistants glissaient subrepticement dans la poche des Allemands… au risque de leur vie.

C’est très peu ! Je compte sur les événements de ces quatre prochaines années pour élargir mes connaissances. Car il est important de savoir pour que jamais, plus jamais...