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Depuis une dizaine d'années environ, lorsque nous circulons en France, nous ne logeons plus qu'en chambre d’hôtes. Les hôteliers grincent des dents. Manque à gagner, indubitablement. Mais se sont-ils déjà demandés pourquoi de plus en plus de touristes optent pour cette formule de logement chez l’habitant ? Les avantages sont nombreux, les plaisirs ne sont pas moindres.

D’abord, le prix. Notre budget nous interdisant les palaces, l’hôtellerie nous réserve le plus souvent des établissements vieillots, aux chambres banalement anonymes, petites, encaissées au fond d’un couloir, dont les sanitaires ronflent aussi joyeusement que le voisin séparé par une cloison trop mince. Parce qu’ils sont presque systématiquement situés en agglomération, la circulation matinale nous réveille aux aurores et les dix à treize euros du petit déjeuner nous laissent généralement sur l’estomac un poids inversement proportionnel à sa frugalité.

Les propriétaires de chambres d’hôtes, par contre, proposent toujours de copieux petits déjeuners, avec des produits très souvent « maison ». Douze ans après, je me souviens encore des œufs, cakes et yaourts de notre première chambre d’hôtes, non loin de Blois. Et comment oublier les croissants de ce contrôleur de gestion opalin qui se serait bien vu pâtissier, les confitures créatives de la belle-maman de notre hôte nordiste, la table gourmande de cette famille alsacienne ?

Les rencontres aussi sont riches, chaleureuses et variées, souvent surprenantes. Ici un couple gay nous accueille dans un manoir à tour de Bayeux : il faut enfiler des chaussons en entrant. Là une famille nous initie aux secrets du Cognac tandis qu’en Bourgogne nous côtoyons des saisonniers venus pour les vendanges. Dans la forêt de Fontainebleau, notre hôte cherche à placer sa nichée de douze épagneuls français et, non loin de Béthune, les doigts de fée de Christine ont fait des merveille : elle a décoré ses quatre chambres de meubles et matériaux récupérés, détournés de leur fonction première, relookés, qui parent d’un charme fou cette dépendance rénovée d’une ancienne ferme achetée en ruines.

« Charme », le mot est lâché. Raffinées ou rustiques, souvent meublées à l’ancienne avec un goût très contemporain pour le mobilier chiné dans les brocantes et autres vide-greniers, les chambres d’hôtes ne se contentent pas d’aider leurs propriétaires à conserver un patrimoine architectural voué sinon à la décrépitude, elles offrent aux voyageurs des ambiances cosy, sereines, imprégnées d’images nostalgiques d’un passé idéalisé. Les chambres d’hôtes ont remis le romantisme à la mode. Un romantisme hérité des magazines de décoration, certes, mais qui s’harmonise avec bonheur avec une conception totalement actuelle du confort. Que demander de plus ? Les bonnes adresses des restaurants prisés du coin, bien sûr ! Une garantie de bien manger à des prix pas exorbitants.

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