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Le week-end dernier, les « 24 heures Vélo », organisées chaque année au Bois de la Cambre par le Fédération des scouts, ont dû être interrompues à mi-parcours pour cause de chutes de neige et l’hypothermie de certains jeunes participants.

Jean-Pascal van Ypersele de Strihum va encore affirmer que c’est normal. Normal qu’il neige abondamment le 23 mars ! Normal qu’il gèle et que la neige persiste ! Normal que nous claquions des dents depuis cinq mois presque sans discontinuer. Normal que nous ayons battu la semaine dernière le record de neige depuis 1916 et de froidure depuis 1873 ? Non, là, il devra concéder que c’est « exceptionnel ». Comme il veut bien admettre que « les températures actuelles se situent en dessous des normales saisonnières » et que "nous souffrons d'un déficit d'ensoleillement". Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites. Mais cela arrive souvent ! Donc, rien d’anormal !

Van Ypersele c’est notre climatologue normal comme d’autres ont un président normal. Rien ne l’étonne, rien ne l’affole, rien n’entame son inaliénable optimisme sauf… le réchauffement climatique. Alors là, celui qui est aussi vice-président du GIEC et président du groupe de travail « énergie et climat », tire la sonnette d’alarme à tire larigot, même quand il apparaît que les statistiques sur lesquelles lui et ses confrères se basent sont faussées.

Nous, on veut bien ! Mais le réchauffement climatique, on aimerait en tâter un peu aussi. Parce qu’en fait de réchauffement, on a plutôt l’impression que depuis une demi-douzaine d’années les hivers se durcissent, sans que les étés s’adoucissent. Que, vu les embrouillaminis  à répétition sur les routes, les pneus neige autrefois inconnus dans nos régions, sont vivement conseillés désormais et devraient devenir obligatoires l’an prochain.

« Ce qui se passe en Belgique n’est pas ce qui se passe à l’échelle de la terre », commentait en 2012 le climatologue, qui en rajoutait une couche en affirmant « La Belgique n’est qu’une tête d’épingle à l’échelle de la planète ». De son côté, l’un de ses collègues allemands aurait détecté un lien entre le réchauffement climatique et les vagues de froid que connaît l’Europe depuis quelques années. Et de nous inciter à regarder un peu plus loin que le bout de notre nez gelé pour nous intéresser au monde dans son entièreté et donc à faire des efforts pour enrayer le phénomène.

Un appel à la générosité planétaire qui, avouons-le, tombe un peu à plat. Car, quand nous aurons troqué nos voitures (chauffées) contre des vélos pour affronter le blizzard, quand nous aurons décimé les forêts pour nous chauffer au bois et aux pellets plutôt qu’au mazout, quand nous ne mangerons plus que des insectes pour éviter les pets de vaches ozonophages, serons-nous assurés de bénéficier de printemps et d’été dignes de ce nom ? Même pas ! La Belgique n’est qu’une tête d’épingle à l’échelle de la planète, n’est-ce pas ! L’amélioration climatique pourrait donc bien se produire un peu plus loin, au Luxembourg ou à Paris, à Utrecht ou à Aix-la-Chapelle, voire en Sibérie (qui flirtait l’autre jour avec les moins 56°).

Alors, je le dis tout net : qu’on ne me parle plus de réchauffement climatique pour l’instant ! On en reparlera quand le soleil sera là et bien là pour dix jours d’affilée au moins ! Et ça, ça ne semble pas être demain la veille !  

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PS. OK, d'accord, ce sont des photos du week-end dernier, mais s'il n'y a presque plus de neige désormais, ce n'est pas pour autant qu'il fait moins froid ! En cause ? Un petit vent persistant de nord-est.