Il y en a des grands et des petits. Il y en a de très grands, de très petits et des minuscules. Il y en a en bois, en terre, en métal. Il y en a en porcelaine. En paille aussi, en cire et en noix de coco. Il y en a d’élégants et de rustiques, des discrets et des tape-à-l’œil. Il y en a modelés à la main ou savamment sculptés, certains traditionnels ou (très) classiques, d’autres franchement contemporains. Il y en a…

Non, contrairement aux apparences, je ne suis pas collectionneuse ! Et moins encore collectionneuse de hiboux et chouettes.

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Alors, me direz-vous, d’où proviennent ces bibelots, ces figurines de toutes couleurs, matières, origines, qui squattent la bibliothèque, montent à l’assaut des étagères, réclament même une vitrine à eux seuls dévolue ? La réponse est évidente : mes amis, mes proches me les ont offerts. Ce sont eux les collectionneurs ! Pas moi !

Je ne sais plus qui, le premier, s’est exclamé :  

-       Tiens, tu collectionnes les hiboux ! ».

-       Moi ? Non, pourquoi ?

 Devant son air dubitatif, j’ai bien dû reconnaître que oui, là, sur la cheminée du salon, un cocasse trio de chouettes aux grands yeux semblaient se blottir l’une contre l’autre.

-       C’est le hasard ! La première me vient de Maman qui la trouvait amusante et me l’a offerte pour me distraire d’un chagrin d’amour adolescent,  la deuxième m’a tapé dans l’œil en voyage de noces, la troisième, je ne sais plus. Je les ai simplement rassemblées sur la cheminée.

-       Donc, tu collectionnes, c’est bien ce que je dis.

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A partir de là, le mouvement était lancé : on m’offrit des chouettes. Pour tout, pour rien, pour le plaisir, la diversité, comme un clin d’œil ou un souvenir de voyage… et plus leur nombre augmentait plus il m’en arrivait. De tout près ou du bout du monde, made in China ou façonnés main, précieux, drôles, tendres ou ridicules, souvent banals, rarement chers, parfois très beaux. Très laids aussi.

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Il y en eut bientôt tant que je ne sus plus ou les mettre. D’où la vitrine ! Et puis, si chacun me rappelait une personne chère, s’ils continuaient souvent à m’émouvoir, je commençais à en avoir un peu assez de ces oiseaux au regard de sages, qui, je l’avais découvert entretemps, fascinent en réalité beaucoup de monde. Ce qui les rendait, du coup, nettement moins séduisants à mes yeux !

Alors, voici quinze ans, quand nous avons quittés la grande maison que nous louions à Bruxelles pour un petit chez nous en Brabant wallon, j’en ai profité pour trier. De toute façon, il n’y avait pas assez de place pour les exposer tous.

Aujourd’hui, il ne reste que quelques rescapés de-ci, de-là, qui ont cessé d’être envahissants et, du coup, retrouvent à mes yeux tout leur charme.

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