Au commencement étaient des cartes mêlées. Ou les pièces d’une image fractionnée. Ou un meurtre fictif. Bref, le chaos.

A la fin sera le classement, l’image reconstituée, l’énigme élucidée.

Entre les deux : le plaisir !

Ok ! Je l’avoue : je suis accro aux réussites électroniques. Aux puzzles aussi, si j’ai le malheur d’en croiser un sur mon chemin. Aux romans policiers, que j’avalerais à la chaine si le boulot et les responsabilités familiales ne venaient régulièrement me remettre sur le droit chemin.

Certains, même très proches, ne comprennent pas. D’autres, par contre, savent comme moi l’euphorie du problème de logique à résoudre. Evaluer la difficulté, commencer à débroussailler, espérer résoudre : c’est déjà du plaisir.

Plaisir éphémère et intellectuel certes, mais plaisir quand même ! Plaisir personnel, intime, né du sentiment de dominer une situation complexe voire confuse. De détenir un pouvoir, même dérisoire, sur ces satanés bouts de carton ou ces lignes sorties de l’imagination d’un auteur ! Pouvoir minable ?

Pouvoir illusoire, en tout cas, qui ne change rien au réel, n’influe ni en bien ni en mal sur la vie de quiconque comme le ferait le pouvoir d’un chef d’entreprise, d’un chef d’état, d’un chef de rang ou d’une cheffe de service. Et c’est très bien ainsi.

Alors certes, ces passe-temps sont chronophages ! Gagner une réussite, placer une pièce, résoudre une énigme dès la page 180 quand le bouquin en compte 300, c’est entretenir l’envie narcissique de rééditer l’exploit. Perdre, c’est titiller le besoin de gagner au moins une fois. Et comme, ayant gagné, l’envie de rééditer l’exploit ressurgit, on s’enferre rapidement dans le cercle vicieux.

Mais qu’importe ? L’évasion aide à supporter un quotidien parfois (souvent ?) morose. Certains s’envolent pour le bout du monde dans des avions énergivores, d’autres se shootent à l’adrénaline devant les tables de casino, draguent dans les soirées… Je tapote un peu trop longtemps sur mon clavier de jeux de cartes en ligne et engrange les romans policiers sur ma table de lit. Ah oui : il est aussi question qu’avec Louve Chérie et quelques-unes de ses amies, je participe aux « 24 h du puzzle » de la ville d’Hannut ! C’est moins coûteux. Et moins dangereux.

 

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