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Cette année-là, au cœur le plus sombre de l’hiver, un enfant était né. Dans une étable, dit-on, entre un âne et un bœuf, parce qu’il n’y avait plus de place à l’auberge où ses parents souhaitaient passer la nuit.

Plus tard, on a raconté bien d’autres faits étranges à propos de cet événement somme tout assez banal : la venue au monde d’un bébé.

On a dit que des anges étaient apparus aux bergers qui gardaient leurs moutons dans la montagne pour les guider jusqu’à l’étable où reposait l’enfant. Et ces anges chantaient « Hosanna au plus haut des cieux et Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! ».

On a raconté qu’une étoile bien plus brillante que toutes les autres était apparue dans le ciel pour guider trois rois mages venus d’Afrique et d’Asie jusqu’à là crèche, où ils se prosternèrent devant le tout-petit, à qui ils offrirent de l’or, de la myrrhe et de l’encens.

Quoi qu’il en soit, l’enfant a grandi en âge et en sagesse et, devenu adulte, il a choisi de militer pour la non-violence. C’était très nouveau à l’époque ! Totalement inédit ! Ca a bousculé un tas d’idées, un tas de gens. Il y a eu ceux qui ont trouvé ça formidable, qui se sont fait disciples, et il y a eu ceux à qui ça n’a pas plus du tout et qui ont tenté de se débarrasser de cet empêcheur de profiter en rond. Car l’homme prêchait la pauvreté, l’attention aux autres, en particulier aux plus petits, aux plus humbles, aux plus pauvres, aux malades… Ceux-là sont parvenus à le faire taire, pensaient-ils, à le tuer.

Et c’est exactement le contraire qui s’est produit ! Sa parole s’est mise à rayonner sur le monde.

On a dit qu’il avait ressuscité. On a dit qu’il était le Messie attendu par le peuple juif depuis des millénaires. On a dit qu’il était Dieu. On n’est pas obligé de le croire.

Quoi qu’il en soit, son message d’amour a durablement marqué l’humanité. Même si deux mille ans plus tard, il reste tragiquement d’actualité ! Car il y a toujours des petits, des humbles, des malades, il y a toujours des pauvres et des profiteurs, des victimes et des bourreaux. Toujours des injustices, des délocalisations, des licenciements collectifs, abusifs. Toujours des guerres.

Malgré tout, en cette veille de Noël, je veux croire que les grands de ce monde, les puissants et les riches, ne resteront pas définitivement sourds à l’appel venu du fond des âges : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! ».

Je veux croire aussi que, chacun à son niveau, nous saurons trouver le moyen d’adoucir un peu le froid, la faim, la solitude ou la peine de l’un de ces petits, ces humbles, ces malades qui nous entourent.

Je veux croire. Car il n’y a pas d’autre façon de continuer à vivre tous ensemble !

Que la Paix de Noël soit avec vous !